De notre correspondante à Dakar, Léa-Lisa Westerhoff 

Objectif des interventions : proposer des solutions alternatives à celles du Fonds monétaire international (FMI) pour réduire la dette du Sénégal. La restructuration, par exemple, qui consiste à renégocier les conditions d’emprunt en cas d’impossibilité de rembourser sa dette. Une mauvaise solution pour l’économiste Demba Moussa Dembele. « Cela fait plus de 45 ans que le FMI est présent au Sénégal », observe le chercheur, « l’institution a proposé des solutions qui n’ont pas fonctionné : l’austérité et le blocage budgétaire des investissements publics contribuent à aggraver la crise économique, donc il faut sortir de cela. »

Parmi les pistes évoquées, l’augmentation des rentrées fiscales, tout en encourageant l’investissement, comme l’a fait le Kenya. Ou encore une demande d’annulation d’une partie de la dette considérée comme « illégitime », comme le propose le Pakistan, avec une alliance des pays du Sud. Une option intéressante pour Elimane Haby Kane, du think tank Legs Africa. Il prend pour exemple le cas de l’Uruguay, « où la dette, qui s’élevait à 900 millions d’euros, a été abaissée à deux millions d’euros grâce à un processus de négociation qui permis de ne plus payer cette dette ». La restructuration partielle de certains prêts a également été évoquée.

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Ibrahima Niang, enseignant en sociologie à l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar (UCAD) se réjouit que des experts aient été convoqués sur ce sujet complexe. Selon lui, il est nécessaire de dépassionner le débat et de le sortir du champ du politique. « Il faut que les experts donnent leur avis et, une fois la chose faite, chacun pourra se positionner sur ces questions », professe le sociologue.

D’ici le mercredi 13 mai, la conférence, organisée par le think tank Ideas Africa Network (IDAN), un réseau d’économistes progressistes et hétérodoxe qui défend un développement juste et souverain en Afrique, promet de lister une série de solutions qui pourront servir aux décideurs politiques.

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