C’est un documentaire qui, 16 ans plus tard, fait grand bruit. Netflix a sorti « Le Bus : les Bleus en grève » mercredi 13 mai, un film qui revient sur la sombre affaire de Knysna qui a secoué le football français, le 20 juin 2010, avec une grève des joueurs de l’équipe de France en pleine Coupe du monde.
Les notes du journal intime du sélectionneur de l’époque, Raymond Domenech, représentent le moment fort de ce documentaire, repris et commenté massivement dans les médias ces dernières heures. L’ancien technicien de l’OL et du FC Nantes décrit Thierry Henry comme « un lion banal qui se regarde le nombril », Yoann Gourcuff comme un « autiste léger d’abord, et con ensuite » et Nicolas Anelka comme « un vrai connard ». « Envie de disparaître loin de tout », « j’ai parfois des montées de haine envers ces abrutis », écrit-il aussi au moment de la défaite contre le Mexique (0-2).
Domenech accuse également Franck Ribéry d’avoir été indirectement la « taupe » qui a permis à la presse de révéler le clash entre le sélectionneur et Anelka. Ce à quoi l’ancien joueur du Bayern Munich a répondu sur ces réseaux sociaux : « Mama Mia Domenech, je t’aime beaucoup, juste, je garde la vraie histoire pour plus tard », un message accompagné d’émojis caméra et clap de cinéma.
Dans un long communiqué sur son compte X, ce jeudi, Domenech a réagi au documentaire publié par Netflix. « 16 ans après, cela devait être le documentaire de l’explication, de la réflexion et de l’analyse posée. Ce fut un réquisitoire extraordinairement violent contre ma personne. Cela devait être un documentaire de bonne tenue, où chaque version serait présentée équitablement. Ce fut un film totalement à charge et d’une partialité nauséabonde », commence l’ancien sélectionneur, qui regrette qu’on ne lui ait pas autorisé un droit de regard avant publication et dit qu’on a « trahi (sa) confiance ».
« J’ai depuis longtemps abandonné l’aigreur et ce qui se voulait une thérapie est devenue une poubelle haineuse, poursuit-il. Je n’aurais jamais validé une telle version car elle ne reflète ni ce que j’ai dit (choisissez les extraits les plus croustillants, coupez, montez, arrangez et vous aurez un film sensationnaliste qui n’a d’autre vocation que celle de « remuer la merde » pour faire de l’audimat et de jeter le discrédit sur un homme), ni qui je suis. »
Domenech se dit « meurtri et trahi ». « Cela raisonne comme un viol de mon âme. Un vol de mes émotions d’un moment », lâche l’ancien entraîneur, qui assure que ce journal intime a permis « de maintenir en vie homme, accablé de toutes parts, croulant sous le poids d’une pression déraisonnable et extraordinairement violente ».
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« Ces notes n’auraient jamais dû être publiées tel quel. Les réalisateurs de ce documentaire ont préféré à l’investigation et à la rigueur, le soufre et la malhonnêteté, conclut-il. Je tiens ici à me désolidariser de toutes mes forces de ce documentaire dont la vulgarité et le sensationnalisme n’ont d’égal que son absence de déontologie. Il n’honore ni le football, ni le journalisme. Je tiens enfin à remercier les gens qui m’aiment et que j’aime, qui m’aident une nouvelle fois à affronter cette tempête injuste et violente, et tous les gens qui dans la rue, au quotidien, me témoignent leur amitié, leur soutien et leur reconnaissance. Leur amitié est précieuse et d’une sincérité et d’une bienveillance qui me touchent profondément. »