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Le film s’appelle Le Bus : les Bleus en grève. Mais il aurait pu être intitulé « Le traître parmi nous » ou « Des caïds immatures et des gamins apeurés ». Que vous soyez ou non fan de foot, vous aurez reconnu au travers de ces deux citations de Patrice Evra et Roselyne Bachelot l’objet de ce documentaire que Netflix dévoile ce mercredi 13 mai. Il revient sur le naufrage de l’équipe de France lors de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud.
À un mois du mondial en Amérique du Nord et à la veille de l’annonce de la liste des Bleus par Didier Deschamps, il nous replonge dans l’une des pages les plus sombres du foot français qui aura vu jusqu’au président de la République de l’époque (Nicolas Sarkozy) dénoncer les « événements inacceptables » et appeler à « tirer les conclusions de cet échec ».
Pourquoi « L’Équipe » a fait la fameuse Une
Dans la dizaine d’interlocuteurs qui passent devant la caméra de Christophe Astruc et Jérôme Fritel, on retrouve trois des principaux protagonistes de cette semaine infernale : le sélectionneur Raymond Domenech, le capitaine Patrice Evra et François Morinière. Celui qui était alors directeur de L’Équipe n’intervient qu’une fois mais il revient sur le catalyseur de cette crise.
Le journaliste justifie la Une « tabloïd, un peu trash, violente » de son journal du 19 juin 2010 et pourquoi il a décidé d’y faire figurer les huit mots attribués à Nicolas Anelka et adressés à Raymond Domenech à la mi-temps du deuxième match, entre la France et le Mexique. Il assume d’avoir mis en intégralité l’expression devenue célèbre « Va te faire enculer sale fils de pute ».
C’est elle qui a déclenché l’incendie qui n’avait besoin que d’une étincelle pour tout embraser. Car s’il se concentre sur l’aventure sud-africaine, le documentaire rappelle que cette aventure était mal née. De la qualification au mondial entachée de la main de Thierry Henry contre l’Irlande, au capitanat attribué sans explication à Patrice Evra plutôt qu’à William Gallas en passant par les relations glaciales entre le sélectionneur et la presse, rien ne pouvait bien se passer.
Aujourd’hui, cette Une « qui a pourri la vie de (sa) famille pendant des années », Raymond Domenech refuse de la regarder. Patrice Evra la chiffonne et la jette derrière le canapé sur lequel il répond aux questions. L’ancien arrière gauche de l’équipe de France est omniprésent dans le film. Il y raconte sa vérité. Car disons le tout net : on n’en apprend pas plus sur ce qu’il s’est réellement passé dans le vestiaire du stade sud-africain.
« Le Bus : Les Bleus en grève » / Netflix
Patrice Evra, capitaine de l’équipe de France en 2010, lors du tournage de « Le Bus : Les Bleus en grève ».
Mais le fossé irréversible qui s’était creusé entre le sélectionneur et son capitaine (et les autres joueurs) est parfaitement rapporté. On y revient au travers de scènes dans le camp de base retranché de Knysna, sur le plateau de Téléfoot où Franck Ribéry apparaît en claquettes-chaussettes au bord des larmes, ou dans le fameux bus duquel les Bleus ont refusé de descendre pour s’entraîner.
Domenech et la « putain de lettre »
Souvent fataliste sur le déroulé des événements, Raymond Domenech (qui a confié son journal de bord dont quelques extraits sont dévoilés) reconnaît une erreur : celle d’avoir lu « cette putain de lettre ». Dessus, est écrit le fameux communiqué des joueurs « sans aucune faute d’orthographe » avec lequel ils revendiquaient leur grève après l’exclusion de Nicolas Anelka. Le film lève d’ailleurs le voile sur ce qu’est devenue cette feuille transmise par Patrice Evra à l’attaché de presse des Bleus (François Manardo) que ce dernier n’a pas voulu lire en mondovision.
« Le Bus : Les Bleus en grève » / Netflix
Raymond Domenech, sélectionneur de l’équipe de France en 2010, lors du tournage du documentaire « Le Bus : Les Bleus en grève ».
Seize ans plus tard, la rancœur entre tous ces protagonistes du foot français apparaît tenace. Roselyne Bachelot n’échappe pas non à quelques réflexions acerbes de Patrice Evra et ses coéquipiers qui reprochent encore à la ministre des Sports de les avoir soutenus en privé, avant de les jeter en pâture à l’Assemblée nationale. Le capitaine dénonce ainsi que la ministre les a « salis » et « détruits ».
« On voulait tous la même chose, mais on s’est tous perdu », conclut lucidement le défenseur Bacary Sagna à propos de ce fiasco. William Gallas, lui, a une dernière question qui le taraude : « On a trouvé cette taupe ou pas ? »