La Tunisie pourrait connaître l’un des étés les plus chauds de ces dernières années. C’est ce qu’a averti le chercheur en climatologie et professeur agrégé de géographie Amer Bhabha, évoquant des températures “exceptionnelles” attendues durant les mois de juillet et août, dans un contexte de réchauffement généralisé touchant l’ensemble du bassin méditerranéen.
Intervenant sur les ondes de Jawhara FM, le spécialiste a indiqué que plusieurs modèles climatiques internationaux convergent vers un scénario marqué par des vagues de chaleur fréquentes et durables sur l’Afrique du Nord, l’Europe du Sud et la Méditerranée. Selon lui, les pics de chaleur devraient devenir plus intenses que les normales saisonnières habituelles.
Cette alerte intervient alors qu’une vague de chaleur touche déjà certaines régions de Libye, notamment le sud du pays, où les températures pourraient atteindre les 48 degrés dans les prochains jours.
Des signaux convergents en Europe
Les dernières projections saisonnières du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF), principal organisme européen de modélisation climatique, vont dans le même sens. Les tendances publiées dans le cadre du programme européen Copernicus montrent une forte probabilité de températures supérieures aux normales sur l’ensemble du pourtour méditerranéen durant l’été 2026.
Les modèles saisonniers européens anticipent notamment des anomalies chaudes persistantes sur l’Europe du Sud, le Maghreb et la Méditerranée occidentale, avec un risque accru d’épisodes caniculaires prolongés entre juillet et août.
Dans un récent rapport conjoint, l’Organisation météorologique mondiale et le programme européen Copernicus ont d’ailleurs rappelé que l’Europe est aujourd’hui le continent qui se réchauffe le plus rapidement au monde. Le document souligne la multiplication des vagues de chaleur terrestres et marines dans la région méditerranéenne.
Une pression supplémentaire sur l’eau et l’électricité
En Tunisie, un été particulièrement chaud pourrait accentuer plusieurs fragilités déjà présentes. Les fortes chaleurs augmentent généralement la consommation électrique liée à la climatisation, tout en aggravant la pression sur les ressources hydriques et le secteur agricole.
Ces dernières années, le pays a déjà enregistré plusieurs records de température, notamment dans les régions du sud et du centre-ouest. Les épisodes de chaleur extrême deviennent également plus précoces et plus longs.
Les spécialistes rappellent toutefois que les prévisions saisonnières ne permettent pas de déterminer précisément les températures jour par jour, mais plutôt d’identifier des tendances climatiques générales avec une probabilité élevée.