Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a obtenu l’appui du principal organe de décision de son parti concernant le scandale déclenché par le vol de liasses de devises étrangères dissimulées dans un canapé de son ranch, a rapporté la SABC.
Ce soutien du Comité exécutif national du Congrès national africain (ANC) face à l’affaire ‘Farmgate’ offre à Ramaphosa une bouée de sauvetage potentielle alors qu’il fait face à des appels à la démission.
Un porte-parole de l’ANC n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire sur les informations du diffuseur public, lequel n’a pas fourni plus de détails sur cet appui qui aurait été formulé lors d’une réunion mercredi.
Ramaphosa a déclaré lundi qu’il respectait la décision de la Cour constitutionnelle relancant la procédure de destitution à son encontre dans le cadre de ce scandale, et s’est engagé à se défendre.
Le chef de l’Etat sud-africain depuis 2018 a toujours nié toute malversation dans l’affaire Farmgate. Celle-ci a soulevé des interrogations sur l’origine des 580 000 dollars en espèces qui auraient été dérobés dans sa ferme en 2020, sur leur déclaration réglementaire, et sur les raisons pour lesquelles ils étaient cachés dans du mobilier plutôt que déposés en banque.
L’ANC a reporté de jeudi à vendredi son point de presse sur les conclusions de la réunion du Comité exécutif national.
Le parti avait bloqué la procédure de destitution contre Ramaphosa en 2022. Cependant, la Cour constitutionnelle a relancé le processus la semaine dernière, estimant qu’une commission parlementaire de destitution devait être mise en place pour mener des investigations complémentaires.
Mercredi, le président de l’Assemblée nationale a précisé que cette commission de destitution serait composée de 31 membres issus des 16 partis politiques siégeant à la chambre basse du parlement.
L’ANC y disposera du plus grand nombre de sièges (neuf), suivi par son principal partenaire de coalition, l’Alliance démocratique, avec cinq membres.
Les analystes politiques estiment que Ramaphosa devrait vraisemblablement s’en sortir si le processus de destitution aboutit à un vote au parlement. Une majorité des deux tiers est requise pour son adoption, alors que l’ANC détient environ 40% des sièges de la chambre basse.