Le soleil décline sur les halles de Plouyé, récemment restaurées. Devant le bâtiment blanc, une silhouette détonne : une Renault Supercinq rouge vif, rutilante malgré ses 30 ans passés. C’est le fidèle destrier de Maïna et Arthur Mao, installés à Plouyé depuis cinq ans. Lui arrive tout juste de sa journée de travail, encore vêtu de sa tenue de bûcheron, tandis qu’elle, menuisière de métier, peaufine les derniers détails de la soirée. « Malgré ses 31 ans, la voiture n’affiche que 115 000 km au compteur, indique Arthur. Elle doit en faire 3 000 de plus pendant le raid. Si elle survit, on a déjà une petite idée pour la suite, mais on garde ça pour plus tard… ».
Ce jeune couple s’apprête à vivre une aventure hors-norme. En octobre 2026, ils prendront en effet le départ du « Super 5 Raid », un périple humanitaire de onze jours à travers l’Espagne et le Maroc qui réunira une centaine d’équipages. Leur mission ? Acheminer des vêtements et des denrées alimentaires aux populations les plus isolées du désert.
Le virus de la mécanique et le goût de l’autre
Pour Arthur, 30 ans, ce projet est un hommage aux racines. Originaire de Quimper, il a grandi dans l’ombre d’un père passionné de courses de côte et de vieilles mécaniques. « C’est lui qui m’a transmis le virus et tout appris », confie-t-il. Pour Maïna, 27 ans, l’appel est celui de l’inconnu : « Je voulais une vie un peu hors-norme, sortir du métro-boulot-dodo pour vivre une aventure qui ait du sens ».
Mais au-delà de l’aventure, Arthur ne cache pas que sa motivation principale est ailleurs : « Depuis tout petit, j’ai toujours eu une vocation pour apporter de l’aide aux gens en difficulté. Avec mes parents, mon grand frère, ma grande sœur », explique-t-il. Mais pour parcourir les 3 000 kilomètres de pistes marocaines à raison de 400 km par jour, leur monture de 1994 a besoin d’une cure de jouvence. Amortisseurs, freins, courroie de distribution, éclairage LED pour les nuits sahariennes… La préparation est titanesque.
Pour Arthur, 30 ans, ce projet est un hommage aux racines. Originaire de Quimper, il a grandi dans l’ombre d’un père passionné de courses de côte et de vieilles mécaniques. Pour Maïna, 27 ans, l’appel est celui de l’inconnu. (Le Télégramme/Jean-Noël Potin)Un grand rendez-vous solidaire ce vendredi
Le budget total est estimé à 9 000 €. Si des sponsors ont déjà répondu présent, il manque encore 5 000 € à l’association « Monts d’Arrée Solidaire » pour boucler le financement. C’est là que la solidarité locale entre en jeu. Depuis quelques semaines, grâce à un partenariat avec la conserverie Secrets de famille de Châteauneuf-du-Faou, le couple revend sur les marchés des conserves de l’entreprise. « On touche 30 % sur ce qu’on arrive à vendre », se félicite Maïna.
Ce vendredi 15 mai, le couple transformera aussi les halles de Plouyé en temple de la fête et du partage. « On fait ça en partenariat avec La Sphère, une association de Plouyé qui réalise d’autres événements. C’est grâce à eux qu’on a pu avoir les contacts musicaux », souligne Maïna. Dès 15 h 30, les amateurs de danse bretonne sont attendus pour un fest-deiz animé par le duo Rigal-Cheul. La transition se fera en musique avec quatre groupes (La Piv, Karl Halby, Prince Ringard et Ici Lao) qui se succéderont jusqu’à 1 h du matin. « C’est notre premier grand événement associatif, c’est un peu palpitant », sourit Maïna, qui passera aussi derrière les billigs pour préparer des crêpes maison. L’entrée est à prix libre, chaque pièce versée rapprochant un peu plus la Supercinq rouge des dunes du Maroc.
Pratique
Vendredi 15 mai, aux halles de Plouyé. Fest-deiz dès 15 h 30, concerts à partir de 18 h. Buvette et crêpes sur place. Fin des festivités à 1 h du matin. Entrée à prix libre au profit de l’équipage des « Déjantés des Monts d’Arrée ».