Une ministre poussée vers la sortie 

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a limogé jeudi la ministre du Développement social, Sisisi Tolashe, fragilisée par plusieurs accusations de malversations relayées par la presse locale. Membre influente du Congrès national africain (ANC) et présidente de la Ligue des femmes du parti, elle est accusée de s’être approprié deux SUV offerts à l’organisation par un constructeur chinois. Selon le média Daily Maverick, l’un des véhicules aurait ensuite été vendu après avoir été attribué à sa fille.

PRESIDENT RAMAPHOSA DISMISSES MINISTER TOLASHE

President @CyrilRamaphosa has in terms of section 91(2) of the Constitution of the Republic of South Africa,1996, removed Minister Sisisi Tolashe from the position of Minister of Social Development.

In the interim, President…


— The Presidency 🇿🇦 (@PresidencyZA) May 14, 2026


Des accusations de népotisme et d’abus de fonds publics 

D’autres révélations ont accentué la pression sur la ministre de 66 ans. Une employée de maison rémunérée par l’État mais affectée à une résidence privée aurait été contrainte de reverser une partie de son salaire à une fille de Sisisi Tolashe. Par ailleurs, un conseiller de la ministre aurait favorisé l’embauche de sa nièce au poste de cheffe de cabinet malgré un manque d’expérience. Cette nomination a finalement été annulée après une enquête parlementaire, tandis que le conseiller concerné a été suspendu. 

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Ramaphosa sous pression sur la lutte anticorruption 

Ce limogeage intervient alors que Cyril Ramaphosa cherche à convaincre l’opinion publique de sa détermination à lutter contre la corruption, héritage des années de présidence de Jacob Zuma. Fin avril, le chef de l’État avait déjà suspendu le patron de la police sud-africaine dans un contexte de scandales touchant les institutions sécuritaires du pays. Une commission d’enquête publique, très suivie par les Sud-Africains, examine actuellement plusieurs affaires impliquant des responsables policiers de haut rang. Selon un sondage Afrobarometer publié en avril, 92 % des Sud-Africains jugent que leur gouvernement obtient de mauvais résultats dans la lutte contre la corruption, un record parmi les 38 pays africains étudiés.