Le kyste hydatique connaît une recrudescence préoccupante en Tunisie. Lors d’une campagne de sensibilisation organisée à l’hôpital universitaire de Sidi Bouzid, le professeur Abdessalem Hentati, chef du service de chirurgie thoracique à Hôpital Habib Bourguiba de Sfax et président de l’Association tunisienne de chirurgie thoracique, a alerté sur la progression rapide de cette maladie parasitaire dans plusieurs régions du pays.

Selon le spécialiste, le nombre de cas enregistrés a fortement augmenté ces dernières années. Alors qu’on recensait auparavant environ trois cas par an, les services hospitaliers font désormais face à près de cinq nouveaux cas chaque mois. La région de Sidi Bouzid et les gouvernorats voisins concentreraient à eux seuls près de 70 % des infections recensées.

Plusieurs facteurs

Le médecin explique cette recrudescence par plusieurs facteurs, notamment les pratiques d’abattage anarchiques qui se multiplient à l’approche de l’Aïd al-Adha. Le parasite se transmet lorsque des chiens consomment des organes contaminés provenant des moutons ou d’autres animaux infectés. Les excréments des chiens deviennent ensuite un vecteur de dissémination des œufs du parasite dans l’environnement, contaminant les sols, les légumes et l’eau.

Lire aussi : Ferjani accélère le chantier du nouveau Code de la santé

Le professeur Hentati décrit le kyste hydatique comme une « maladie silencieuse », capable de rester longtemps sans symptômes avant de provoquer des complications graves. Les kystes peuvent se loger principalement dans le foie et les poumons et entraîner, dans les cas avancés, des hémorragies, des infections respiratoires sévères ou encore des chocs allergiques potentiellement mortels en cas de rupture du kyste dans l’organisme.

Renforcer les mesures de prévention

Face à cette situation, les spécialistes appellent à renforcer les mesures de prévention. Ils recommandent notamment de brûler immédiatement tout organe suspect découvert lors du sacrifice des moutons afin d’empêcher les chiens d’y accéder. Les médecins soulignent toutefois que la viande de l’animal reste consommable lorsque seul l’organe atteint est éliminé de manière sécurisée.

Les autorités sanitaires insistent également sur l’importance de l’hygiène alimentaire, notamment le lavage minutieux des légumes et des mains, particulièrement chez les enfants, afin de limiter les risques de transmission de cette maladie parasitaire toujours présente en Tunisie.