© Koaci.com – jeudi 14 mai 2026 – 14:06

La lutte contre la torture et les traitements inhumains a franchi une nouvelle étape en Côte d’Ivoire. Réunis à Abidjan à l’occasion de la clôture d’un atelier régional consacré aux mécanismes nationaux de prévention de la torture en Afrique, des acteurs de la société civile, des experts internationaux et des représentants institutionnels ont appelé à une accélération du processus de création de l’Observatoire national de la détention (OND).

Pendant trois jours, les échanges ont porté sur les enjeux liés à la protection des droits fondamentaux des personnes privées de liberté, dans un contexte marqué par la volonté affichée des autorités ivoiriennes de renforcer leur dispositif de prévention contre la torture.

Lors de la cérémonie de clôture organisée ce jeudi 14 mai 2026 à Abidjan, les organisations engagées dans la défense des droits humains ont formulé plusieurs recommandations afin de rendre rapidement opérationnel ce futur mécanisme national de prévention.

Dans une déclaration lue par Neth Willy, les participants ont notamment exhorté le Sénat ivoirien à adopter le projet de loi portant création de l’Observatoire national de la détention, dernière étape du processus législatif.

« La mise en place effective de cet organe indépendant constitue une avancée décisive dans la protection des droits des personnes privées de liberté », a déclaré Neth Willy devant les participants.

Les organisations de la société civile ont également invité le gouvernement ivoirien à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir l’autonomie, l’efficacité et le bon fonctionnement de cette future institution.

Durant les travaux, les participants ont réfléchi aux missions, aux modalités de fonctionnement ainsi qu’aux garanties d’indépendance du futur mécanisme national de prévention de la torture.

Les discussions ont également permis un partage d’expériences entre plusieurs pays africains engagés dans des réformes similaires. Des représentants du Sénégal, de la Mauritanie et de la Tunisie ont présenté leurs modèles de prévention et de surveillance des lieux de détention.

Des experts de la Fédération internationale de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (FIACAT) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) ont également pris part aux échanges.

Pour les participants, la création de l’OND constitue un outil essentiel pour renforcer l’État de droit et améliorer les conditions de détention en Côte d’Ivoire.

« Un mécanisme crédible et indépendant permettra non seulement de prévenir les abus, mais aussi de renforcer la confiance des citoyens envers les institutions judiciaires et pénitentiaires », a souligné Neth Willy.

Cette dynamique s’inscrit dans le cadre des engagements internationaux pris par la Côte d’Ivoire après son adhésion, le 1er mars 2023, au Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (OPCAT).

Conformément à ce protocole, les États parties sont tenus de mettre en place des mécanismes nationaux indépendants chargés de visiter régulièrement les lieux de privation de liberté afin de prévenir les actes de torture et les mauvais traitements. Le projet de loi portant création de l’Observatoire national de la détention avait été adopté en Conseil des ministres le 16 octobre 2024 avant d’être voté par l’Assemblée nationale le 14 avril 2026.

Les acteurs de la société civile espèrent désormais une adoption rapide du texte par le Sénat afin de permettre l’installation effective de l’institution.

À travers la création de l’OND, les autorités ivoiriennes ambitionnent de consolider les mécanismes nationaux de protection des droits humains et d’améliorer durablement la gouvernance pénitentiaire dans le pays.