À Malabo, le Forum économique et social a placé la diversification des économies africaines au cœur des priorités du continent. Organisée dans le sillage de la 5ᵉ Table ronde entre l’Union des Conseils économiques et sociaux et Institutions similaires d’Afrique et le Conseil économique et social de Chine, cette rencontre a réuni responsables publics, institutions, organisations régionales, diplomates et acteurs privés africains et chinois.
Les échanges ont insisté sur une idée centrale : pour réduire leur vulnérabilité face aux chocs internationaux, les pays africains doivent accélérer leur montée en gamme, renforcer leurs chaînes de valeur locales et mieux exploiter les leviers de l’agro-industrie, du tourisme durable et de la transformation numérique.
Dans une allocution lue en son nom, le Premier ministre équato-guinéen, Manuel Osa Nsue Nsua, a rappelé que l’Afrique dispose d’un potentiel considérable, mais reste encore trop dépendante d’un nombre limité de secteurs. Il a plaidé pour des investissements plus soutenus dans les infrastructures, l’énergie et la connectivité, afin de permettre au continent de tirer pleinement parti des mutations technologiques mondiales.
De son côté, Abdelkader Amara, président du Conseil économique, social et environnemental du Maroc et président en exercice de l’Union des Conseils économiques et sociaux et Institutions similaires d’Afrique, a souligné que la fragmentation des marchés africains freine encore l’industrialisation, l’attraction des investissements et l’émergence de chaînes de valeur compétitives. Il a notamment mis en avant le potentiel agricole du continent, appelant à développer la transformation locale et à faire émerger des champions africains capables de produire, exporter et innover.
Le tourisme durable a également été présenté comme un levier de développement territorial, de création d’emplois pour les jeunes et de valorisation de la diversité culturelle africaine. La transformation numérique, elle, a été décrite comme un accélérateur d’innovation, d’inclusion économique et de modernisation des services.
La présence d’opérateurs économiques africains et chinois a donné une dimension concrète aux discussions, notamment autour des partenariats, du financement, des incitations et du rôle du secteur privé. Le vice-président du Conseil économique et social de Chine, Guo Jun, a pour sa part réaffirmé la volonté de Pékin de faire de ce cadre un pont d’échange et une plateforme de coopération renforcée avec l’Afrique.
Les travaux du Forum ont porté sur plusieurs axes stratégiques, dont la transformation agroalimentaire, l’accès aux marchés, les partenariats public-privé, la digitalisation des petites et moyennes entreprises, la fintech, l’inclusion financière, l’e-gouvernement et les infrastructures numériques.
