Par Mamy Yves
Ratsimbazafy – Publié le 15 Mai 2026 à 09:30 – Modifié le
15 Mai 2026 à
09:30
Pendant des mois, Patrick Bruel a
cru échanger avec Tahar Rahim. Derrière cette correspondance se
cachait pourtant un escroc récidiviste, déjà connu de la justice et
obsédé par les célébrités.

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Patrick Bruel pensait entretenir une relation amicale avec Tahar
Rahim. Pourtant, derrière les échanges de mails et les
conversations se cachait
un imposteur particulièrement habile. En 2025, cette affaire
d’usurpation d’identité a éclaté au grand jour, révélant un vaste
système d’arnaques visant plusieurs personnalités françaises, parmi
lesquelles Cyril Hanouna et Leïla Bekhti. Au centre du dossier : un
homme nommé Mohamed A., condamné par le tribunal correctionnel de
Paris après des mois de manipulations.
Patrick Bruel piégé
par un faux Tahar Rahim
L’affaire a pris une tournure étonnante lorsqu’en juillet 2024,
Patrick Bruel interpelle Tahar Rahim avec une question énigmatique
: « Alors, ton problème en Algérie, ça s’est finalement réglé
? ». Ce qui a laissé l’acteur sans voix, incapable de
comprendre de quoi parlait le chanteur. Très vite, le malentendu
s’est toutefois dissipé. Patrick Bruel évoquait alors un mail qu’il
croyait avoir reçu de Tahar Rahim. D’où la conclusion immédiate du
comédien comme quoi un individu s’est fait passer pour lui depuis
des mois. Le chanteur échangeait ainsi en réalité avec Mohamed A.,
un quinquagénaire qui usurpait l’identité de nombreuses célébrités
afin de gagner leur confiance.
Cyril Hanouna et
Leïla Bekhti également visés
L’escroc ne s’est pas limité à Patrick Bruel. Selon l’enquête,
plusieurs personnalités du monde du spectacle ont été approchées.
L’animateur Cyril Hanouna ainsi que l’actrice Leïla Bekhti figurent
parmi les victimes de cette vaste tromperie. Mohamed A. utilisait
alors différentes identités prestigieuses, notamment celles de
Tahar Rahim ou encore du footballeur Riyad Mahrez. Grâce à de faux
profils et des échanges soigneusement entretenus, il réussissait à
instaurer un climat de confiance avec ses interlocuteurs. Le plus
surprenant dans cette affaire reste toutefois le maigre bénéfice
obtenu par l’escroc. Malgré des mois de manipulations, il n’aurait
réussi à décrocher que deux places pour un concert de Beyoncé au
Stade de France.
Un profil
inquiétant déjà connu de la justice
Derrière cette affaire se cache un homme au parcours judiciaire
chargé. Mohamed A. travaille en effet comme manager dans un
restaurant McDonald’s et porte déjà un bracelet électronique dans
le cadre d’une autre condamnation. Son casier judiciaire comporte
plusieurs condamnations pour faux et escroquerie depuis 2006. Lors
de sa garde à vue, il a reconnu les faits sans difficulté. Il
aurait expliqué avoir agi pour « passer le temps » mais aussi pour
se « faire un statut ». Les enquêteurs ont découvert près de 1 200
contacts dans son téléphone, dont environ 300 célébrités avec
lesquelles il n’avait pourtant aucun lien réel. Son entourage
évoque une personnalité instable, tandis que sa famille le décrit
comme « un enfant de 50 ans » passant « son temps à mentir ».
Un
préjudice psychologique important pour les victimes
Au procès, le procureur a insisté sur le
lourd préjudice psychologique subi par les victimes. L’avocate
de Riyad Mahrez a également évoqué un important « préjudice
réputationnel ». L’escroquerie a même touché l’Office français de
l’immigration et de l’intégration, sollicité par Mohamed A. afin
d’accélérer un dossier administratif pour l’un de ses proches. Une
affaire troublante qui démontre jusqu’où certains imposteurs
peuvent aller pour exister aux yeux des autres.