Publié le 15 mai 2026 à 12:00 par La rédaction
Le parquet général demande sept ans de prison pour Nicolas Sarkozy dans l’affaire du financement libyen, avant la décision finale attendue en novembre 2026.
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Le parquet général a requis, mercredi 13 mai 2026, une peine de sept ans d’emprisonnement à l’encontre de Nicolas Sarkozy, dans le cadre du procès en appel relatif au financement présumé par la Libye de sa campagne présidentielle de 2007.
L’audience s’est tenue devant la cour d’appel de Paris. La décision de la cour, attendue le 30 novembre 2026, pourrait clore une séquence judiciaire inédite visant un ancien chef de l’État.
Le parquet général durcit le ton après la première condamnation
Au terme d’un réquisitoire déroulé sur trois jours, les avocats généraux ont prononcé une demande de sept ans de prison ferme, assortie d’une amende de 300 000 euros et de cinq ans d’inéligibilité contre Nicolas Sarkozy. Selon le parquet général, il s’agit d’une « association de malfaiteurs » d’une gravité exceptionnelle, où « cette association de malfaiteurs se place au plus haut niveau de gravité que la République ait connue », a soutenu Rodolphe Juy-Birmann. Damien Brunet, autre avocat général, a affirmé : « Il a bien existé un accord entre Mouammar Kadhafi et Nicolas Sarkozy. »
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Ces réquisitions reprennent la sévérité des peines déjà formulées en première instance par le Parquet national financier, qui avaient mené à une condamnation à cinq ans de prison ferme contre l’ancien président le 25 septembre 2025. Le parquet général entend désormais voir retenus à son encontre, outre l’association de malfaiteurs, les délits de financement illégal de campagne, recel de détournement de fonds publics libyens et corruption, pour lesquels il avait été relaxé en première instance.
Le réquisitoire rappelle le rôle central de Nicolas Sarkozy, qualifié de « principal, l’unique bénéficiaire d’une organisation », tandis que Claude Guéant est présenté comme l’artisan des actions illégales, ayant selon le parquet « catalysé les actions illégales des prévenus en dévoyant les moyens de l’État ».
Parmi les co-prévenus, Claude Guéant, ancien bras droit de Nicolas Sarkozy, se voit réclamer six ans de prison et la confiscation d’un appartement. Brice Hortefeux, autre proche collaborateur, encourt quatre ans d’emprisonnement, dont deux assortis d’un sursis, ainsi qu’une peine d’inéligibilité et une amende de 50 000 euros. L’accusation fonde ses réquisitions sur des rencontres documentées dès 2005 entre membres du premier cercle sarkozyste et dignitaires libyens, mettant en avant des soupçons d’accords occultes contre un financement illicite de campagne.
Défense et calendrier des prochaines étapes
Face à ces accusations, l’équipe de défense de Nicolas Sarkozy, emmenée par Me Christophe Ingrain, rejette tout financement occulte. L’avocat affirme :
Il n’y a pas eu de financement de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy par la Libye. Il n’y a pas eu d’enrichissement de Nicolas Sarkozy à cause de la Libye. Nicolas Sarkozy est innocent. Son élection n’a pas été biaisée.
Présent tout au long des réquisitions, l’ancien chef de l’État s’est entretenu longuement avec ses six avocats et trois conseillers. Les plaidoiries de la défense sont prévues pour le 27 mai 2026. La décision de la cour d’appel, cruciale pour l’ex-chef de l’État, sera rendue publique le 30 novembre 2026.
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