Qu’on ne s’y trompe pas, le monument qui s’élève sur la corniche Kennedy à Marseille, « en hommage aux soldats et marins morts en Orient et sur les terres lointaines », n’a rien à voir avec la colonisation. L’historienne qui accompagnait Alice Rufo, hier matin, après une courte cérémonie avec les anciens combattants, rappelait plutôt l’engagement des poilus aux Dardanelles et ailleurs. La Méditerranée qui s’agite juste devant fait néanmoins écho à des conflits plus proches et heurte le calendrier de la ministre. Rentrée il y a quelques jours d’Alger et de Sétif, où elle a déposé une gerbe à la mémoire d’un manifestant, militant indépendantiste tombé le 8 mai 1945 sous les balles de l’armée française, Alice Rufo est l’invitée d’un calendrier sensible.

Celui qui consiste à retisser les liens « abîmés » entre la France et l’Algérie. Le mot est de Stéphane Romatet qui a profité du voyage de la ministre des Anciens combattants pour retrouver son poste d’ambassadeur, un an après avoir dû rentrer à Paris, au plus fort des tensions. « Personne ne nie les difficultés évidentes avec l’Algérie, indique Alice Rufo avant d’aller discuter avec le gouverneur militaire de Marseille puis de patrouiller…