Après avoir passé en revue les principales nouveautés de ce nouveau décret, le ministre a affirmé que cette réforme a débouché sur la mise en place d’un cadre juridique clair du parcours de l’étudiant, depuis son entrée à la faculté jusqu’à l’obtention du diplôme, en fixant les droits, les obligations et les responsabilités propres à chaque catégorie (stagiaire observateur, externe, interne, résidant).
Ces catégories ont été adaptées au nouveau système de six ans, avec un ajustement des périodes des concours et de la durée de chaque catégorie, a-t-il poursuivi.
Le ministre a précisé que la durée d’engagement au travail des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes spécialistes diplômés des promotions 2024 et 2025 a été fixée à six années, à compter de la date de leur nomination.
Pour les résidents, la durée de l’engagement a été fixée, à compter de la date de nomination, à six ans pour la promotion de 2026, à cinq ans pour les promotions de 2027 et 2028 et à quatre ans pour les promotions de 2029, 2030 et 2031, a-t-il fait savoir, notant que dès 2032, le régime définitif, fixé à trois ans, entrera en vigueur.
Selon M. Tehraoui, ce mécanisme progressif vise à assurer l’équité entre tous les étudiants, et à éviter le départ simultané des étudiants, ce qui pourrait provoquer un déséquilibre dans la répartition des ressources humaines.
D’autre part, il a mis en avant l’augmentation de la capacité d’accueil dans le cadre de la réforme du système de santé, afin de sortir de la situation de pénurie à l’horizon 2029-2030, notant que la catégorie « bénévole » a été supprimée, tous les étudiants poursuivant désormais leur spécialité avec un engagement obligatoire de trois ans accordé par l’État. Il a également mis en exergue l’importance de l’hôpital public, en tant que passage obligatoire et nécessaire pour acquérir une spécialité et donner de la crédibilité à la formation.
Dans ce sens, il a affirmé que le travail se poursuit pour renforcer l’attractivité du secteur public, à travers la mise en œuvre accélérée de la réforme et de l’équipement des hôpitaux publics, ainsi que la revalorisation des salaires des médecins et des professionnels de santé, ce qui permettra de bénéficier de l’indice 509, garantissant une meilleure stabilité administrative, matérielle et sociale. Il a également évoqué le lancement de la mise en œuvre du système des « groupements sanitaires territoriaux » (GST), qui permettra de renforcer l’attractivité du secteur public en matière de gestion, de gouvernance et de conditions de travail.
Pour sa part, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation a estimé que la réforme du statut des étudiants des facultés de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire en formation s’inscrit dans le cadre de la complémentarité de l’action des deux ministères pour mettre en oeuvre les Hautes Orientations Royales relatives à l’État social, à la couverture sanitaire globale et à la régionalisation avancée, et partant consacrer la justice spatiale.
M. El Midaoui a mis en avant l’importance du nouveau régime d’engagement pour préserver les cadres de santé, étant donné que le nombre des postes budgétaires dédiés à la spécialité a doublé cette année pour atteindre 2.000, ce qui offre aux lauréats de grandes opportunités d’accès à la spécialisation. Il a également annoncé qu’un accord verra bientôt le jour pour faire de la médecine générale une spécialité, à l’instar des autres pays.
A la question de la répartition des médecins dans le secteur public, le ministre a indiqué que le régime d’engagement y a apporté une solution, soulignant que le Royaume a dépassé, en 2025, le taux recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (23 médecins pour 10.000 habitants) pour atteindre 25 médecins pour 10.000 habitants, avec une perspective de 45 médecins pour 10.000 habitants à l’horizon 2030.
Le ministre a également fait état du renforcement des infrastructures médicales et universitaires dans plusieurs régions, afin d’alléger la forte pression exercée sur les facultés de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire de Rabat et de Casablanca.
Selon un communiqué du ministère de la Santé publié à cette occasion, le concours d’accès à l’internat est désormais ouvert dès la fin de la quatrième année d’études, contre la cinquième année précédemment. Cette mesure permet d’optimiser le calendrier de formation et de répondre plus rapidement aux besoins en médecins spécialistes.
La réforme du statut des étudiants des facultés de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire en formation permettra, selon les simulations prospectives du ministère, d’intégrer 6.641 médecins spécialistes supplémentaires dans le secteur public d’ici 2032, et ce grâce à une augmentation de 133 % des capacités de formation entre 2020 et 2025. À l’horizon 2030, le rendement du système atteindra 2.000 lauréats par an, contre environ 1.300 selon le modèle précédent, précise-t-on.
Par ce décret, le gouvernement réaffirme son engagement à améliorer les conditions de formation et d’exercice des professionnels de santé, au service d’un accès équitable aux soins sur l’ensemble du territoire national, conclut le communiqué.