L’île de Djerba, destination phare de Tunisie, commence déjà à subir les répercussions de la guerre au Moyen-Orient. Les réservations en ce début de la saison estivale tournent déjà au ralenti, suscitant l’inquiétude des professionnels du secteur.

Depuis le début du conflit au Moyen-Orient fin février dernier, les réservations de touristes étrangers pour la Tunisie sont en nette baisse.

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En France par exemple, l’un des plus grands marchés émetteurs, les réservations pour la Tunisie ont chuté de 25,7 % en mars dernier, par rapport au même mois de l’année d’avant, selon le Baromètre Orchestra/L’Écho Touristique. En avril, la chute s’est poursuivie (-10,10%).

Les réservations pour Djerba tournent au ralenti en ce début de saison

Cette tendance à la baisse se confirme au début de la saison estivale, selon des professionnels du secteur touristique en Tunisie, rencontrés par l’AFP. La saison touristique sur l’île de Djerba a démarré début mai mais le secteur déjà tourne au ralenti, rapporte le journaliste de l’agence française.

En février dernier, soit avant le déclenchement des hostilités au Moyen-Orient, « nous recevions par exemple 100 nouvelles réservations par jour. Maintenant c’est seulement 50 », indique le directeur d’un hôtel 5 étoiles situé dans le nord-est de l’île, tout près d’une longue plage.

Le directeur de l’établissement souligne qu’il n’y a pas eu d’annulations, mais il affirme que les réservations des touristes étrangers pour cette destination de premier plan tournent moins vite qu’avant les perturbations provoquées par le conflit.

« Quand les billets d’avion coûtent en moyenne 70 à 80 euros de plus, ce n’est pas rien »

De son point de vue, ce ralentissement est directement lié à la flambée des prix du pétrole et du carburant aérien. « Quand les billets d’avion coûtent en moyenne 70 à 80 euros de plus, ce n’est pas rien », dit-il, précisant que les touristes commencent à chercher d’autres alternatives.

Ce ralentissement ressenti à Djerba au tout début de la saison est plutôt inquiétant, d’autant que l’île avait accueilli 1,23 million de touristes en 2025, en hausse de 5 % par rapport à l’année précédente et de 1,1 % par rapport au record de 2019.

Pour l’année en cours pourtant, la destination espérait avoir une hausse de 7 à 8 %, des prévisions formulées avant que les tensions au Moyen-Orient, selon Hichem Mahouachi, délégué régional de l’Office de tourisme ONTT.

L’île de Djerba ne pourra également pas compter sur les marchés de proximité, notamment l’Algérie, car les touristes algériens ne sont pas très nombreux à se rendre dans cette destination. Une saison qui s’annonce déjà assez compliquée.