Après Laurent Nuñez, c’est au tour de Gérald Darmanin de traverser la Méditerranée pour renouer la relation franco-algérienne, après des années de tensions. L’entourage du ministre de la Justice fait savoir ce samedi que le garde des Sceaux sera à Alger lundi, « à la demande du Président de la République » et « sur invitation des autorités algériennes » pour y rencontrer son homologue, Lotfi Boudjemaa.
L’objectif affiché, sans surprise, est celui de « l’ouverture d’un nouveau chapitre de la coopération judiciaire entre nos deux pays », développe le cabinet de Gérald Darmanin. Le mois dernier, c’était le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez qui avait fait le voyage vers la capitale algérienne pour « réenclencher un dispositif de coopération sécuritaire de très haut niveau » avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune.
Narcotrafic, terrorisme et « affaires individuelles sensibles »
À cette occasion, Gérald Darmanin emmène avec lui plusieurs hauts magistrats, parmi lesquels Vanessa Perrée, procureure nationale anticriminalité organisée et Pascal Prache, procureur national financier. « La lutte contre la criminalité organisée et le narcotrafic, sujets sur lesquels nous avons de très nombreux enjeux communs, sera particulièrement abordée », explique encore l’entourage du ministre. Il sera question de délinquance économique, « y compris pour les dossiers de biens mal acquis », mais également de terrorisme. Le procureur national antiterroriste Olivier Christen, toutefois, ne fait pas partie de la délégation.
« Des affaires individuelles sensibles seront également discutées, en particulier le cas de notre compatriote Christophe Gleizes », indique par ailleurs la place Vendôme. Le journaliste français, condamné à sept ans de prison et détenu depuis près d’un an en Algérie, a reçu lundi la première visite d’un diplomate français depuis son incarcération. Le principe de cette visite avait été acté quelques jours plus tôt lors d’une rencontre à Alger entre le président algérien Abdelmadjid Tebboune et la ministre française déléguée aux Armées Alice Rufo. Arrêté dans le cadre d’un reportage en mai 2024 en Kabylie, Christophe Gleizes a été condamné en appel début décembre à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ». Sa famille a annoncé début mai qu’il avait retiré en mars son pourvoi en cassation, une démarche visant à ouvrir la voie à une possible grâce du président Tebboune.