BYD confirme
discuter avec Stellantis pour reprendre des usines automobiles
sous-utilisées en Europe, avec l’Italie en première
ligne.
BYD a confirmé être en négociations avec le
groupe Stellantis et
d’autres constructeurs européens pour reprendre des usines
sous-utilisées en Europe, avec l’Italie citée comme
priorité. Selon Reuters, BYD vise à produire localement, dans les
trois ans, la totalité des voitures électriques destinées
au marché européen. Le constructeur chinois dispose déjà
de deux projets d’usines en Hongrie et en Turquie, mais il cherche
clairement à accélérer encore son implantation industrielle sur le
continent.
Ce que BYD et Stellantis ont vraiment confirmé sur les usines
européennes
Bloomberg rapporte que la
vice-présidente exécutive de BYD, Stella Li, a
détaillé cette stratégie lors de la conférence « Future of the Car »
à Londres, le 13 mai 2026. Elle a expliqué que BYD discute avec
Stellantis et « d’autres entreprises » au sujet de sites européens
disponibles, en ciblant des usines automobiles qui tournent
aujourd’hui en dessous de leurs capacités. L’Italie figure dans la
« short list » des pays considérés, sans qu’aucun site précis ne soit
officiellement désigné.
Stella Li a aussi indiqué que BYD préfère exploiter des usines
dont il a le contrôle direct plutôt que d’entrer dans des
coentreprises complexes. Reuters a confirmé dès le lendemain, via
le relais d’un journal économique d’État chinois, que BYD est bien
en pourparlers avec plusieurs constructeurs européens, dont
Stellantis, pour reprendre des usines sous-utilisées en Europe. Ni
BYD ni Stellantis n’ont toutefois annoncé de vente ou d’achat d’un
site concret à ce stade.
BYD en quête de capacités, Stellantis déjà très lié aux groupes
chinois
L’Italie est donc au centre des spéculations, avec des usines
comme Cassino ou Mirafiori
souvent citées comme sites « fragilisés ». BYD a visité de nombreux
sites en Europe ; la France apparaît, à plus long terme, comme une
option intéressante en raison du coût de l’électricité. Dans le
même temps, Stellantis étudie aussi d’autres pistes chinoises pour
certains sites, en particulier avec Dongfeng. Ainsi, BYD
n’est pas le seul candidat possible sur les usines européennes du
groupe.
De son côté, le groupe Stellantis a déjà choisi
une voie différente pour travailler avec la Chine. Dans un
communiqué officiel publié en octobre 2023, Stellantis y détaillait
la création de Leapmotor International, une
coentreprise contrôlée à 51 % par le groupe européen et à 49 % par
le constructeur chinois Leapmotor.
Ce montage donne à la coentreprise les droits exclusifs de
fabrication, de vente et d’exportation des modèles Leapmotor hors
de Chine. L’agence ANSA rappelle que plusieurs modèles électriques
Leapmotor doivent ainsi être produits dans les usines Stellantis de
Saragosse et de Madrid, tout en laissant ouverte la possibilité
qu’un site comme Villaverde passe un jour sous contrôle de cette
coentreprise.
Le contraste est net. BYD cherche des usines européennes qu’il
pourrait exploiter en propre pour soutenir son offensive
électrique, tandis que Stellantis multiplie les partenariats
structurés avec plusieurs groupes chinois, de Leapmotor à Dongfeng,
en restant le pilote des coentreprises. Les discussions actuelles
entre BYD et Stellantis ne débouchent sur aucun accord concret pour
l’instant, mais elles illustrent déjà une réalité nouvelle. Celle
où les usines automobiles européennes deviennent
un terrain de négociation stratégique entre groupes européens en
surcapacité et constructeurs chinois en quête de points d’ancrage
industriels durables.