La Tunisie continue de chercher les leviers d’une croissance durable, inclusive et créatrice d’emplois.

Par ailleurs, une partie essentielle de la réponse reste sous-exploitée : la pleine intégration économique des femmes. Derrière les débats sociaux et culturels se cache en réalité un enjeu macroéconomique majeur, celui du gaspillage du capital humain féminin dans un pays confronté à une croissance atone, à une faible productivité et à un chômage structurel élevé.

Le paradoxe tunisien est désormais bien installé. Les femmes représentent plus de 65% des diplômés de l’enseignement supérieur dans plusieurs filières universitaires, notamment les sciences, la médecine ou les technologies, mais leur participation au marché du travail demeure l’une des plus faibles de la région.

Selon les dernières données de l’Institut national de la statistique, le taux d’activité des femmes dépasse à peine 29%, contre plus de 67% pour les hommes. Chez les diplômées du supérieur, le chômage féminin demeure proche du double de celui des hommes et dépasse encore les 30% dans certaines régions de l’intérieur.

Cette fracture n’est pas uniquement sociale. Elle constitue une perte économique directe. La Banque mondiale estime régulièrement que l’amélioration de la participation économique des femmes pourrait générer plusieurs points supplémentaires de croissance pour les économies émergentes. En Tunisie, où la croissance peine à dépasser 1,5% en moyenne sur la dernière décennie, l’enjeu devient stratégique.

L’inégalité patrimoniale, une question économique

La question de l’accès des femmes à la propriété reste l’un des angles morts des politiques économiques tunisiennes. Derrière les résistances culturelles autour de l’héritage se joue en réalité la capacité des femmes à investir, entreprendre et accéder au financement bancaire.