Selon l’entourage de Gérald Darmanin, le cas du journaliste sportif, Christophe Gleizes, arrêté en mai 2024 en Kabylie, est le « sujet majeur » de ce déplacement. Lundi dernier, pour la première fois, il a reçu la visite d’un diplomate français. Un signe d’espoir pour sa famille, qui s’inscrit dans une phase de rapprochement progressif entre Paris et Alger.
En février, la visite du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a permis de rouvrir le canal sécuritaire.Le 8 mai, la ministre des Armées, Alice Rufo, a relancé le dialogue mémoriel. Lundi, Gérald Darmanin, ministre de la Justice, arrivera à Alger accompagné de plusieurs hauts magistrats français, pour tenter d’ouvrir un nouveau chapitre : celui de la coopération judiciaire.
Pour Bruno Fuchs, président de la commission des Affaires étrangères du Parlement, ces déplacements ministériels en Algérie marquent clairement la fin de la stratégie du bras de fer avec Alger. « Le fait d’avoir tenu un discours à l’époque véhément contre l’Algérie, ne peut avoir eu que des réactions négatives et donc bloqué les relations. Donc, ce changement de méthode commence à porter ses fruits au bénéfice, et de la France, et de l’Algérie. »
À lire aussiAlgérie: à Sétif, la France reconnaît «les événements tragiques» du 8 mai 1945
Le ministre algérien de l’Intérieur bientôt en France
Ce déplacement est à portée politique également pour celui qui, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, incarnait plutôt une ligne de fermeté. Visas, expulsions, immigration… Gérald Darmanin avait eu des mots durs et prôné des mesures de rétorsion contre l’élite algérienne notamment. Il a depuis changé de costume, devenu Garde des Sceaux, il doit désormais incarner une nouvelle méthode : moins de bras de fer politico-idéologiques, place au dialogue et au concret…
« On attend bien sûr de cette visite un certain nombre d’éléments favorables à une possible libération de Christophe Gleize prochaine. En tout cas, ce sera un très bon indicateur de la relation entre les deux pays », explique Bruno Fuchs, le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement.
Si les polémiques sur les visas et les expulsions, ont dominé le débat politique, la France et l’Algérie ont d’autres chantiers d’intérêt commun à relancer : renseignement, économie, énergie… Plus de 5 millions de personnes ont aussi la double culture, avec un pied sur chaque rive de la Méditerrannée.
Par ailleurs, le ministre algérien de l’Intérieur, Saïd Sayoud, se rendra à Paris dans « quelques jours », a annoncé le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, dans une interview accordée au journal La Tribune Dimanche.