Le ministre algérien de l’Intérieur, Saïd Sayoud, se rendra à Paris dans « quelques jours », une nouvelle étape du réchauffement entre l’Algérie et la France, a annoncé le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez.

« Je vais accueillir mon homologue algérien ici dans quelques jours. C’est un signal très positif. Une coopération sécuritaire se réinstaure progressivement », a affirmé dans une interview au journal La Tribune Dimanche M. Nunez, qui s’était rendu à Alger à la mi-février à l’invitation de M. Sayoud, après des mois de tensions entre les deux pays.

Tensions aggravées depuis novembre 2024

Cette visite de Laurent Nuñez avait amorcé une détente des relations entre Paris et son ancienne colonie, indépendante depuis 1962. La crise avait été déclenchée à l’été 2024 par le soutien apporté par Paris à un plan d’autonomie « sous souveraineté marocaine » pour le territoire disputé du Sahara occidental. L’Algérie avait immédiatement retiré son ambassadeur en France.

Les tensions avaient ensuite été aggravées avec l’arrestation en novembre 2024 de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, gracié par le président Tebboune en novembre 2025.

Autre étape dans le rapprochement entre la France et l’Algérie, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, est attendu lundi à Alger pour tenter de « rétablir les relations judiciaires » entre les deux pays et évoquer notamment le cas du journaliste Christophe Gleizes, incarcéré en Algérie.

Laurent Nuñez explique également dans l’interview qu’il y a, avec son homologue algérien, « un travail d’échange d’informations à réengager sur les trafiquants de stupéfiants, et la collaboration se fait dans les deux sens ».

Interrogé sur le « rapport de force » avec l’Algérie, prôné par son prédécesseur Bruno Retailleau, il répond : « Sur la partie sécuritaire et migratoire, nous sommes obligés de discuter avec l’Algérie ».

« Nous gardons espoir »

« C’est un grand pays qui a un certain savoir-faire en matière de renseignements et de sécurité. Avoir des échanges avec lui est nécessaire », détaille-t-il.

Avec « plusieurs millions de personnes de part et d’autre de la Méditerranée qui sont concernées par la relation franco-algérienne et la vivent très directement », il assène : « Quel est l’intérêt d’avoir un bras de fer dans ces conditions ? ». À ses yeux, « ceux qui ne cherchent qu’à braquer l’Algérie ne pensent pas aux intérêts de la France, mais à leurs intérêts électoraux ».

Interrogé sur la possibilité d’une libération avant la Coupe du Monde de football du journaliste sportif Christophe Gleizes, il se montre prudent : « Je n’en sais rien et ne veux pas en parler. Nous gardons espoir ».

Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » et détenu depuis près d’un an en Algérie, a été arrêté dans le cadre d’un reportage en mai 2024 en Kabylie (nord-est de l’Algérie).