En plein été,
un balcon
exposé plein sud dans une ville peut facilement voir
la température de son sol dépasser les 40 °C. Entre les murs qui
rejettent la chaleur et les pots surchauffés, de nombreuses plantes
« classiques » finissent épuisées en quelques semaines. Pétunias
flétris, géraniums qui réclament de l’eau deux fois par jour,
feuilles brûlées sur les bords : une scène bien trop familière.

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe une
catégorie de plantes qui, dans ce scénario, non seulement
survivent, mais donnent le meilleur d’elles-mêmes. Ce sont les bien
nommées « amoureuses du soleil ». Pour la plupart succulentes, elles
nous viennent des zones arides d’Afrique du Sud. Plus elles
reçoivent de soleil, plus elles fleurissent, et moins elles ont
d’eau, mieux elles se portent. Elles sont parfaites si vous rêvez
d’un balcon spectaculaire sans pour autant passer votre vie un
arrosoir à la main.

Balcon au sud : pourquoi de nombreuses
plantes ne survivent pas ?

Un balcon en plein soleil, surtout s’il
est exposé plein sud ou sud-ouest, se transforme vite en un
véritable petit four. Le sol emmagasine la chaleur, les petits pots
se dessèchent en quelques heures et le vent chaud accélère encore
le processus. Même une plante traditionnellement considérée « de
plein soleil », comme le géranium, demande une surveillance
constante dans de telles conditions.

Le problème ne vient pas seulement de la
température de l’air, mais de la surchauffe du terreau. Les racines
subissent de plein fouet ces chocs thermiques : le pot est frais le
matin, mais devient brûlant l’après-midi. Si l’on ajoute à cela des
terreaux lourds, riches en tourbe, qui retiennent excessivement
l’humidité, on obtient le cocktail parfait pour provoquer le
pourrissement des racines, alterné avec des coups de soif. Résultat
: les arrosages se font plus fréquents, les feuilles jaunissent et

les fleurs
durent à peine. Ce n’est pas une question de « main
verte », mais plutôt un mauvais choix de plantes pour une exposition
aussi extrême.

Qui sont les véritables plantes
« amoureuses du soleil » pour le balcon ?

Selon les magazines spécialisés en
jardinage, les véritables stars des balcons brûlants appartiennent
à la famille des Mésembryanthémacées (ou Aizoacées). Ce sont des
plantes succulentes originaires pour la plupart d’Afrique du Sud,
qui offrent des fleurs semblables à de petites marguerites aux
couleurs éclatantes.

On les appelle aussi « fleurs de midi », car
leurs corolles s’ouvrent sous l’effet de la chaleur et d’une
lumière intense, pour se refermer dès que l’humidité du soir
augmente. Ce mouvement est lié à de minuscules structures
microscopiques qui réagissent à l’eau : un mécanisme naturel
ingénieux, parfaitement adapté au climat méditerranéen.

Les genres les plus intéressants pour
habiller un balcon sont l’Aptenia, le Delosperma, le Drosanthemum,
le Lampranthus, le Dorotheanthus, l’Oscularia et le Carpobrotus.
Ils partagent tous les mêmes exigences : ils raffolent du plein
soleil, préfèrent les sols pauvres et sablonneux, tolèrent
admirablement bien la sécheresse et ne craignent qu’une seule chose
: l’excès d’eau stagnant. À leurs côtés, mentionnons également le
pourpier, une plante succulente « cousine » qui n’appartient pas à la
même famille mais affiche le même caractère : soleil de plomb, un
soupçon d’eau et des floraisons continues tout l’été.

Les plantes idéales si votre balcon est
au soleil
Le Delosperma

Il forme des coussins denses de petites
feuilles charnues d’où explosent des fleurs de type marguerite, aux
teintes fuchsia, jaunes ou orange, de mai à octobre. Il adore le
plein soleil et résiste remarquablement bien à la chaleur. Il est
idéal dans des jardinières basses, en le laissant retomber sur le
bord pour créer un tapis coloré.

Le Lampranthus (ficoïde)

Plus haut que le delosperma, il peut
atteindre 70 à 80 cm et former des touffes spectaculaires. D’avril
à mai, il se couvre de fleurs lumineuses aux tons blancs, orange,
roses, rouges ou violets. Il entre ensuite en repos végétatif, mais
son feuillage reste très décoratif. Il est parfait dans de grandes
coupes ou de grands bacs.

Le Pourpier

C’est probablement la plante la plus
résistante pour un balcon en plein soleil. Il tolère un sol sec,
une chaleur intense et quelques oublis d’arrosage sans broncher.
Ses fleurs sont petites mais extrêmement nombreuses, offrant une
palette infinie de couleurs. Il existe des variétés retombantes,
parfaites pour les balcons très exposés.

L’Aptenia cordifolia

Avec ses longues tiges retombantes, ses
feuilles charnues en forme de petit cœur et sa multitude de petites
fleurs fuchsia d’avril à octobre, cette plante couvre très
rapidement son contenant. Elle est donc idéale si vous souhaitez
habiller vite une jardinière. Elle aime le soleil, tolère le vent
et pardonne volontiers les petites erreurs d’arrosage.

Le Drosanthemum (barbe de Jupiter)

Plus léger et vaporeux, il possède des
tiges fines et une myriade de fleurs qui semblent constellées de
gouttes de rosée. Les couleurs vont du fuchsia au jaune et à
l’orange. Il fait merveille dans des suspensions ou sur des murets
d’où il peut retomber librement.

Pour aller encore plus loin, le
Dorotheanthus crée des coussins bas et
multicolores en été ; l’Oscularia arbore un
feuillage vert bleuté très décoratif sur des tiges violacées ;
tandis que le Carpobrotus (griffe de sorcière),
installé dans un grand pot, offre de grandes fleurs très voyantes,
surtout sous les climats les plus doux.

Comment les
cultiver sans se prendre la tête

Ces plantes amoureuses du soleil donnent
le meilleur d’elles-mêmes sur des balcons très lumineux,
bénéficiant d’au moins 6 heures de soleil direct par jour. Le
terreau idéal doit être léger et drainant : optez pour un mélange
pour plantes grasses, allégé avec du sable grossier ou de la
pouzzolane. Des trous de drainage au fond du pot sont
indispensables, et il faut absolument proscrire les soucoupes
remplies d’eau. En été, les experts conseillent des arrosages rares
mais généreux, environ 1 à 2 fois par semaine, en attendant que les
feuilles ramollissent légèrement. Il vaut mieux un jour de soif
qu’un excès d’eau qui ferait pourrir les racines. Un léger apport
d’engrais pour plantes fleuries, très dilué, toutes les 3 à 4
semaines permettra de prolonger la floraison.

Côté thermomètre, des espèces comme
l’Aptenia, le Drosanthemum, le Lampranthus, l’Oscularia et le
Carpobrotus préfèrent rester à des températures supérieures à 8-12
°C. En hiver, il est donc conseillé de rentrer les pots dans une
serre froide ou derrière une vitre. D’autres Aizoacées, plus
rustiques, peuvent supporter de brèves gelées allant jusqu’à -8 °C,
surtout si elles sont plantées en pleine terre. Enfin, elles sont
peu sensibles aux maladies mais peuvent attirer les pucerons. Un
insecticide à base de pyrèthe, utilisé avec précaution, règle
généralement le problème. Un petit secret d’expert pour finir : les
fleurs de ces plantes nourrissent le brun du pélargonium (un petit
papillon nuisible pour les géraniums). Si vous cultivez
des géraniums
, évitez donc de les placer juste à côté de vos
Aizoacées sur le même balcon.

Article
initialement publié sur Grazia Italie.