© Koaci.com – dimanche 17 mai 2026 – 18:05

À l’occasion de la Fête de la Renaissance 2026 du PPA-CI, organisée à Songon, Laurent Gbagbo a tenu un discours offensif sur la situation politique ivoirienne, dénonçant vivement le climat préélectoral, la gestion des candidatures à l’élection présidentielle ainsi que la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI).

Face à une foule acquise à sa cause, l’ancien chef de l’État est revenu sur ses déclarations passées, notamment celles faites lors d’un entretien accordé au journaliste Alain Foka, au cours duquel il affirmait vouloir « aller s’asseoir au village » après le « brouhaha » politique actuel.

Mais à Songon, le leader du PPA-CI a expliqué avoir changé d’attitude sous la pression de ses partisans.

« Je vous ai écoutés, c’est pourquoi je suis là ! », a-t-il lancé à un public scandant son refus de le voir quitter la scène politique.

Dans son intervention, Laurent Gbagbo a particulièrement critiqué la gestion du processus électoral, qu’il juge déséquilibrée et peu crédible. Il s’est insurgé contre l’exclusion de certaines figures politiques de la course présidentielle, citant notamment Tidjane Thiam ainsi que lui-même.

 

« On organise une élection présidentielle et on retire les noms de certains candidats. On retire les candidatures de Thiam et de Gbagbo. Pourquoi ? C’est enfantin ! On ne fait pas la politique comme cela ! », a-t-il déclaré sous les acclamations de ses militants.

L’ancien président a également dénoncé la composition de la Commission électorale indépendante, qualifiée de « commission électorale bancale ». Revenant sur sa dissolution récente, il a toutefois indiqué vouloir observer la suite des événements avant de se prononcer davantage.

« Ils viennent de la dissoudre. Moi, je me tais pour le moment parce que je ne sais pas ce qu’ils vont faire. Je ne sais pas si ce qu’ils vont mettre en place sera plus dangereux que ce qu’ils faisaient déjà », a-t-il affirmé.

Adoptant un ton à la fois prudent et critique, Laurent Gbagbo a expliqué vouloir observer l’évolution de la situation politique avant de prendre une position définitive.

S’appuyant sur une expression baoulé, il a lancé : « Les Baoulé disent : “Nian, nian…” (Regarde). Donc, nous regardons. »

Pour l’ancien président ivoirien, le « brouhaha » politique est loin d’être terminé. Il a notamment remis en cause les scores électoraux jugés excessifs lors de certaines consultations.

« Ils se proclament élus avec plus de 80 %. Mais qu’est-ce que c’est que cela ? Toi-même tu organises l’élection et ensuite tu dis : “J’ai 87 %.” Mais les Blancs que tu fréquentes là, ils ne te disent pas que c’est ridicule ? », a-t-il ironisé.

 

À travers cette prise de parole, Laurent Gbagbo réaffirme sa présence dans le débat politique ivoirien à l’approche des prochaines échéances électorales. Entre dénonciation du système électoral, critique de la gouvernance institutionnelle et appel implicite à la vigilance, le président du PPA-CI maintient la pression sur le pouvoir en place.

Devant une foule mobilisée à Songon, l’ancien chef de l’État a conclu en laissant entendre que son retrait politique n’était plus d’actualité : « Le brouhaha n’est pas encore terminé (…) Mais je suis là. »

Wassimagnon

 

 

  Par Koaci