Publié le 17/05/2026 20:18
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Combien de leaders de la DZ Mafia piloteraient, depuis l’Algérie, le trafic de stupéfiants et ses violences ? Ce sera l’un des thèmes centraux de la visite, lundi 18 mai, de Gérald Darmanin, garde des Sceaux, à Alger.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Après l’opération Octopus en mars 2026, au cours de laquelle 42 membres de la DZ Mafia ont été arrêtés, après un procès en avril, où ont comparu trois des meneurs présumés du gang, la justice française entend désormais poursuivre sa traque de l’autre côté de la Méditerranée, en Algérie. C’est l’un des objets de la visite, lundi 18 mai, de Gérald Darmanin.
Les enquêteurs français pensent que l’Algérie pourrait abriter des avoirs financiers liés au trafic de drogue, mais aussi qu’une dizaine de membres de la dizaine de la DZ Mafia y auraient trouvé refuge : des têtes de réseau comme Mehdi L., alias « Tic », ou Mohamed D., alias « Mimo ». Ces narcotrafiquants profiteraient, selon une source au ministère de la Justice, des très mauvaises relations entre Paris et Alger. « L’Algérie est l’un des derniers endroits où les narcotrafiquants peuvent se réfugier. Pas parce que les autorités locales les protègent, mais parce que nous n’avons aujourd’hui aucune collaboration avec elles », éclaire la source.
Certains de ces trafiquants de drogue seraient sous le coup de procédures judiciaires en Algérie. Et pour Xavier Monnier, journaliste spécialiste du narcotrafic, les voir juger en France est encore difficile à imaginer : « Les rares informations qu’on a sur eux, c’est qu’ils ne sont pas en prison. Et comme ils ont la double nationalité, l’Algérie n’extrade pas ces ressortissants. »
Les tractations diplomatiques et les récentes spectaculaires opérations de police peuvent-elles durablement affaiblir la DZ Mafia ? Le gang est considéré comme le plus dangereux du XXIe siècle en France. Dans les quartiers nord de Marseille (Bouches-du-Nord), comme à la cité Consolat, certains indices pourraient le laisser penser.
Sans que l’on sache s’ils sont le fait de bandes rivales ou d’habitants excédés, des tags anti-DZ Mafia, encore inimaginables il y a quelques mois, ont fleuri sur les murs. Dans le quartier, les riverains disent être les témoins d’une baisse du trafic de drogue. « Pourquoi on en voit moins ? Parce que la police passe souvent, énormément. Il y a des municipales qui passent le matin souvent. Et il y a des nationales qui tournent toute la journée aussi », confie une habitante. « C’est calme, là, dans l’ensemble », souligne de son côté un homme.
Une accalmie possiblement en trompe-l’œil : face à la traque des enquêteurs, la DZ Mafia pourrait s’organiser et renaître sous une autre forme. Dans le même quartier de Consolat, il y a quelques semaines, un groupe nommé DZ-NG, pour Nouvelle Génération, a posté des vidéos. Ils ont notamment publié des messages de recrutement.