Face à l’augmentation du prix du cacao, le chocolat prend une valeur insoupçonnée.La sucrerie devient une cible de choix pour de nombreux voleurs, en faisant un marché de contrebande de plus en plus appétissant.Plongez au cœur de ce nouveau système de vol présent dans toute l’Europe avec le reportage TF1 en tête de l’article.

Avec de véritables gangs organisés, les vols de tablettes de chocolat se multiplient en petite et grande surface partout en Europe. Face à l’inflation, le prix de ces douceurs flambe jusqu’à 70% pour certaines marques. Cette hausse en fait un produit très intéressant à dérober pour nombre de voleurs devant des bénéfices bien alléchants. 

Le mode opératoire de ces malfaiteurs spécialisés dans le chocolat est même de plus en plus rodé. À deux ou trois en général, ils sillonnent le rayon sucrerie des supermarchés tels des clients ordinaires, en apparence. « Ils remplissent à ras bord le caddie », explique Thibaut Parunakian, directeur du magasin « Super U » de Revel-Tourdan (Isère) au micro de TF1. L’action semble banale, pourtant ce sont bien des voleurs en pleine action. Il y a, parfois, « un voleur principal et deux complices, on soupçonne qu’ils aient des oreillettes et qu’ils communiquent comme ça », ajoute-t-il dans le reportage en tête de cet article.

Produits ciblés

« Ça va très vite », souligne Thibaut Parunakian qui se retrouve désormais avec des vols « d’une ampleur inédite, en magasin ouvert et en plein jour ». Rien n’est laissé au hasard par ces bandits du cacao puisque les produits sont ciblés. Ils dérobent des « marques nationales, des produits chers qui sont à 3 voire 5 euros la tablette. Il suffit d’une poignée de tablettes pour voler 30 euros », conclut le directeur de magasin. 

Pour ne pas se faire attraper, la technique est simple : au moment du passage en caisse, un complice fait diversion en demandant des informations sur un article. En même temps, dans le dos des caissiers, le voleur passe sans payer avec une facilité déconcertante. Une caissière, anonyme, raconte à nos équipes un vol dont elle a déjà été témoin. Un moment que « personne n’a vu, on a été bluffés. Ils ont dû faire des repérages, c’est obligé ». 

Certains produits, comme le « dubaï chocolate » montent à 70 euros le kilo et sont mis sous protection vitrée, à l’image d’un produit de luxe. Ces dispositifs ne suffisent pourtant pas toujours et de plus en plus de magasins font appel à des fabricants d’anti-vols. L’un d’eux dévoile à TF1 ses dernières nouveautés. « Vous avez un produit où vous avez deux étiquettes radiofréquence, ou vous avez des étiquettes avec un message dissuasif accompagné d’un anti-vol qui va sonner aux antennes », présente Laëtitia Bourcier, responsable sûreté distribution à Sekura Global.

Des vols partout en Europe

Ces bordereaux sont plus discrets et traçables, au point de développer un nouveau système d’anti-vol. « Quand on enlève l’étiquette, ça va laisser une marque avec le nom de l’enseigne. À partir de là, le produit est clairement identifiable », complète Laëtitia Bourcier. 

De tels dispositifs sont également mis en place à cause de la massification du phénomène au-delà des frontières françaises. Ces casses au chocolat touchent en effet l’Europe entière. De l’Espagne où la police a saisi en septembre dernier 250 kilos de Ferrero Rocher d’une valeur de 18.000 euros, à l’Italie où 12 tonnes de KitKat ont cette fois-ci été dérobées (nouvelle fenêtre) d’un camion. 

 Au Royaume-Uni, dans la banlieue de Londres, le problème persiste et vire à la contrebande. Le gérant d’un commerce confie à TF1 avoir été approché par des voleurs. Chose qu’il a « toujours refusé, c’est illégal d’accepter la marchandise volée d’un autre magasin. Mais certains essayent de nous les revendre pour s’acheter de la drogue ». 

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Malika CHEKLAL | Reportage TF1 : Elena DESPATUREAUX, Caroline BLANQUART