Dans l’ambiance paisible de l’espace soin des Bains municipaux, c’est l’effervescence. Entre deux clients, les quatre praticiens de l’institution strasbourgeoise se préparent sans relâche pour leur deuxième participation au championnat d’Europe de massage à Paris du 23 au 25 mai.

Depuis trois mois, Julie Frayssinhes, formée à de multiples techniques – thaï, ayurvédique ou “deep tissue” -, Ella Fernandez, fascinée par le corps humain et son langage silencieux, formée en Inde dans un centre ayurvédique, Léonard Daver, ancien ingénieur en informatique, qui, après une reconversion fulgurante, a trouvé dans le massage « un métier de mains et de cœur » et Clément Bader, ex-docker, formé en Suisse après avoir été bouleversé par un massage thaïlandais qui lui a révélé la puissance des étirements passifs, s’entraînent sur modèle, tels des sportifs de haut niveau, dans l’une des cabines de massage que l’équipe Equalia (gérance des Bains Municipaux, ndlr) leur prête en plus de sponsoriser leur participation à la compétition.

« Quelque chose de différent, de plus immersif, presque chorégraphique »

« Nous avions envie de créer quelque chose de différent, de plus immersif, presque chorégraphique. Le travail à plusieurs permet une synchronisation particulière, une sensation d’enveloppement total pour la personne massée. Cela demande énormément de confiance, de précision et d’écoute entre les praticiens », confie Ella Fernandez. « Clément a eu cette folie : si on unissait nos forces ? », raconte Julie Frayssinhes.

Le défi ? Créer un protocole où huit mains agissent en harmonie, offrant une déconnexion immédiate du cerveau et une décontraction décuplée. Un massage qui a demandé plusieurs mois de réflexion et de travail collectif autour de critères très précis comme la fluidité des mouvements, le respect du corps, la cohérence émotionnelle du massage et surtout l’intention commune portée à chaque instant. Un travail qui a remporté l’année dernière le prix de l’innovation.

« Une version améliorée d’un massage à huit mains »

Riche de cette expérience, l’équipe des Bains Municipaux ambitionne de présenter une version améliorée. « Nous avons réfléchi à la question – qu’est-ce qu’un massage à huit mains pourrait apporter de plus ? Quand une personne mobilise un membre pour étirer le muscle et qu’une autre masse cette zone, la décontraction est décuplée. Recevoir huit mains sur le corps, le cerveau déconnecte très vite. Pour cette deuxième participation, nous avons entièrement revu ce massage en instaurant un travail sur le côté et plus de technicité pour répondre à la catégorie western (techniques occidentales) », explique Clément Bader.

But de leur prestation : proposer bien plus qu’un massage, un voyage hors du temps. « Tout en gardant l’art du storytelling », précise Léonard Davert car « un massage, c’est aussi une histoire qu’on raconte avec les mains. Notre massage raconte la métamorphose de la chenille vers le papillon et nous sommes très fiers de notre nouvelle création ». La promesse d’une expérience immersive totale, grâce à la fluidité, la symétrie et la synchronisation entre praticiens.