La ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, a affirmé mercredi à Casablanca que le co-financement constitue un levier stratégique pour stimuler l’investissement, renforcer l’action publique et accélérer la mise en œuvre des priorités de développement.
« Le co-financement n’est plus un choix technique, mais un choix politique qui privilégie la coopération, l’impact et la co-construction des projets »
a déclaré Mme Fettah dans une intervention vidéo pré-enregistrée lors de l’ouverture du forum « La force du co-financement ». Elle a souligné que le contexte international actuel, marqué par des besoins croissants des pays en développement et une contraction des ressources disponibles, impose de nouveaux choix structurants.
La ministre a indiqué que le Maroc considère ce mécanisme comme un véritable levier au service des investissements, de l’action publique et de l’accélération des projets prioritaires, notamment dans les domaines de l’énergie, de la mobilité, de la protection sociale, de l’emploi et de la résilience. Elle a cité les projets Noor Ouarzazate et le Hub de mobilité de Casablanca comme exemples de réussite de partenariats structurés autour du co-financement.

Mme Fettah a insisté sur la nécessité de passer à l’échelle en matière de co-financement, en l’inscrivant dans une approche systémique fondée sur des partenariats innovants et exigeants. Le Maroc se positionne ainsi comme un partenaire engagé et une plateforme régionale pour une dynamique de développement collectivement construite.
Pour sa part, la directrice générale du Fonds Mohammed VI pour l’Investissement (FM6I), Nezha Hayat, a précisé que le Fonds agit tant au niveau des partenariats publics que privés, en apportant des fonds propres et en mobilisant des investisseurs privés dans le cadre de partenariats public-privé, notamment dans les infrastructures, la logistique et l’énergie.

Cette approche vise à accélérer la réalisation des projets et à attirer des investisseurs de long terme, combinant rentabilité financière et impact économique. Mme Hayat a également souligné l’action du Fonds en faveur du secteur privé via le capital-investissement pour répondre au déficit en fonds propres des entreprises. Elle a précisé qu’après une première sélection de 14 fonds investissant dans divers secteurs et tailles d’entreprises, le dispositif a permis de mobiliser jusqu’à 20 milliards de dirhams, soit l’équivalent du total investi au Maroc via le private equity au cours des vingt dernières années.
La directrice financière du groupe de la Banque mondiale, Anshula Kant, a également relevé que les besoins en financement des infrastructures dans les marchés émergents demeurent considérables, et qu’aucun gouvernement ou institution ne peut y répondre seul. Elle a mis en avant l’importance d’une approche coordonnée associant autorités publiques, partenaires du secteur privé et institutions de développement, autour de programmes transformateurs menés conjointement avec d’autres banques multilatérales, notamment dans les secteurs de l’énergie et de l’agriculture.
Le directeur général de l’Agence française de développement (AFD), Rémy Rioux, a rappelé que le co-financement s’inscrit dans une approche de « partenariat par conception » plutôt que de « partenariat par accident », et que le Maroc est le premier client du groupe AFD à l’échelle mondiale. Il a souligné que tenir ce forum à Casablanca est légitime et valorise la voix du Royaume dans le débat sur la coopération internationale et le financement du développement.
Organisé par le groupe de la Banque mondiale, en partenariat avec le ministère de l’Économie et des Finances et le groupe AFD, ce forum vise à consolider les mécanismes de collaboration entre partenaires de développement et pays bénéficiaires, autour de plateformes partagées et de projets conjoints à fort impact. L’accent est mis sur la mutualisation des ressources, l’accélération des résultats et le renforcement du rôle du secteur privé dans la mobilisation des financements et le partage des risques, afin de soutenir les investissements complexes et contribuer plus efficacement aux objectifs de réduction de la pauvreté et de prospérité partagée.