AVANT-PREMIÈRE – Dans la tour Mohammed VI, nouveau signal de Rabat, le premier Waldorf Astoria du Maroc déploie 55 clés, un décor signé Pierre-Yves Rochon et une table Alain Ducasse. Le Figaro en a poussé les portes en avant-première.

Huit ans d’un chantier titanesque pour une tour hors normes à la silhouette de fusée sur son pas de tir, culminant à 250 mètres au-dessus des villes jumelles de Rabat et Salé… Le paon de Waldorf Astoria, emblématique de l’enseigne de luxe du groupe Hilton depuis les origines en 1893 – tel l’oiseau faisant la roue, il fallait « voir et être vu » au Waldorf Astoria New York – ne pouvait rêver meilleur perchoir pour sa première adresse au Maroc !

À peine inaugurée et déjà star des réseaux sociaux, la tour Mohammed VI est la nouvelle vitrine d’un Maroc du XXIe siècle féru de haute technologie et attaché à ses racines : près de 7000 œuvres d’art et d’artisanat émaillent les 55 étages de l’édifice couronné d’un observatoire du patrimoine retraçant l’histoire de Rabat-Salé en réalité augmentée et d’un « cockpit » évoquant l’apport de la civilisation arabo-andalouse à l’astronomie. Un rêve fou né de l’imagination de l’homme d’affaires Othman Benjelloun en 1969, année du vol d’Apollo vers la lune, qui résonne avec l’histoire du Waldorf Astoria New York, premier de l’enseigne.


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«Avec sa dimension moderne intégrant les éléments d’artisanat marocain, le Waldorf Astoria Rabat-Salé incarne l’essence même de notre marque à la fois porteuse d’héritage et d’innovation» souligne Guy Bertaud, directeur général de l’établissement qui se réjouit de contribuer à faire rayonner Hilton au royaume chérifien, où le groupe a de grandes ambitions avec 15 nouveaux hôtels prochainement dont un deuxième Waldorf Astoria à Tanger.

Ancré et avant-gardiste

Le majestueux perron de l’hôtel Waldorf Astoria Rabat-Salé.
Waldorf Astoria / Photo presse

D’où que l’on soit, l’on ne saurait manquer la silhouette fuselée qui s’élève dans le ciel de la capitale marocaine, elle est visible dans un rayon de 60 kilomètres ! Mais à l’arrivée sur le perron de l’hôtel, rive droite du fleuve Bouregreg, une porte monumentale en ogive, digne d’un palais ancien, s’élève, d’une blancheur immaculée festonnée d’arabesques. Passé le couloir feutré pavé de mosaïques évoquant le décor d’un riad, s’ouvre un univers lumineux dont les formes contemporaines s’habillent de marbres étincelants.

Au-delà du geste architectural fort signé du duo Rafael de La-Hoz et Hakim Benjelloun, la tour Mohammed VI se veut un voyage dans le temps, «symbole d’un Maroc apte à créer de belles réalisations tant par la qualité de son ingénierie que par la richesse de son artisanat d’art», résume Leila Haddaoui, directrice générale déléguée de O Tower, chargée de l’exploitation de la tour Mohammed VI. Cette dernière est certifiée Leed Gold et HQE Excellence (Près de 4000m2 de panneaux photovoltaïques tapissent sa façade sud, NDLR).

Un décor réinventant le Maroc signé Pierre-Yves Rochon

Cette dualité est au cœur de l’éblouissant design du palais suspendu signé Pierre-Yves Rochon, réputé pour son goût de l’élégance intemporelle. Une performance compte tenu d’une double contrainte : il fallait composer avec l’architecture de la tour aux façades courbes et marier éléments du savoir-faire artisanal marocain et touches exotiques à la modernité des volumes. Le tout avec, en toile de fond, l’omniprésence des baies vitrées où se déploient des vues spectaculaires de la ville.

Canapés, tables basses, consoles, assises… Les lignes sinueuses aux réminiscences Art déco ponctuent une réécriture subtile des arts décoratifs marocains : ferronnerie et luminaires ouvragés, plafonds sculptés, voilages brodés à la manière des caftans, dessins des pavages inspirés de motifs anciens ou zelliges revisités comme dans les simili patios de riads avec tableaux orientalistes habillant certaines salles de bains. Les matières nobles, cuir de Cordoue, laiton bruni ou poli, maillechort, albâtre ou bois de sycomore s’égaient au contact d’une vingtaine de couleurs parant les tissus, rose framboise, bleu ciel, vert céladon ou encore blanc doré.

Des chambres et suites aux vues éblouissantes

Les chambres sont de voluptueuses capsules d’où l’on observe de (très) haut la vie comme dans un film.
Waldorf Astoria / Photo presse


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Avec quelque 250 employés d’une prévenance à toute épreuve pour seulement 55 clefs (17 chambres et 38 suites de 50m2 à 550m2), le service est remarquable. Mais pour atteindre l’hôtel, niché entre les 29e et 46e étages, place au virtuel : guidé par une voix suave, on se dirige vers l’un des 38 ascenseurs qui grimpent à une vitesse supersonique vers les étages supérieurs… À destination, pas un bruit, les chambres, de la Deluxe (en entrée de gamme) à la suite d’exception, toutes avec concierge personnel, sont de voluptueuses capsules d’où l’on observe de (très) haut la vie comme dans un film dont il manquerait le son ; ballet de voitures, barques descendant l’estuaire du Bouregreg, vols d’oiseaux sur la médina de Salé, ou la forêt de la Maâmora selon l’orientation ; tout semble minuscule à l’échelle de cubes de legos, y compris la tour Hassan, icône médiévale de Rabat, et le Grand Théâtre fraîchement inauguré.

Happé par le panorama, on en oublierait presque d’apprécier le luxe feutré des lieux, alors que tout invite à s’y lover du lever au coucher du soleil, fabuleux, sur l’océan, entre confort high-tech, assises confortables (comme la chair & ottoman tendue de cuir blanc Eames), étagères pourvues de beaux livres d’art et clins d’œil aux paysages du Maroc. Le soir, à l’unisson des gouttes d’or parant les petits carreaux de zelliges gris clair des salles de bains, la ville lumière rutile de tous ses feux, à rebours de toute sobriété énergétique, mais que c’est beau Rabat la nuit !

Des tables de haute volée

L’Aldabaran, le restaurant signature Alain Ducasse.
Waldorf Astoria / Photo presse

Sous la supervision du chef exécutif Benjamin Brau-Nogué, on décolle ici dans les hautes sphères de la gastronomie, à commencer par l’Aldabaran (du nom de l’une des étoiles les plus brillantes de la galaxie), le restaurant signature Alain Ducasse, écrin noir et blanc souligné de doré et bois blond est dans l’esprit Riviera cher au chef qui met en avant naturalité et saisonnalité. En attendant l’ouverture d’un lounge (cuisine fusion asiatique), deux autres tables font voyager les papilles. Au 30e étage, Peacock Alley aux tons bleu clair et sable rappelant l’océan au loin, fait aussi office de lobby : on y grignote toute la journée, entre petit déjeuner tardif, thé de l’après-midi et savoureuse « comfort food » inspirée de l’aîné new-yorkais. En rez-de-chaussée avec terrasse ce qui permet de respirer l’air pur (ou fumer, la tour étant non-fumeur), Le Magnolia du chef marocain Lahcen Hafid fait défiler des saveurs subtiles inspirées par le Maroc et la Méditerranée (salade fattouche à la vinaigrette à la betterave, briouates aux gambas, etc.) dans un cadre ocre et vert, évoquant les kasbahs du sud, scandé d’un plafond en tataoui (bois tressé).

Un spa au sommet

Avec sa piscine intérieure aux courbes épousant les baies vitrées, le spa est l’ultime touche de raffinement.
Waldorf Astoria / Photo presse

Aux 31e et 32e étages, le spa est l’ultime touche de raffinement. Piscine intérieure aux courbes épousant les baies vitrées avec vues à 180°, plafond argenté reflétant le pavement d’écailles, salle de relaxation éclairée de cristaux… Et des soins de haute volée (produits Valmont ou marocMaroc) prodigués par des thérapeutes aux doigts de fée. Un espace végétalisé avec une deuxième piscine (chauffée), bassin enfants et transats est installée au niveau du rez-de-chaussée face au fleuve, ce qui est appréciable, même si l’on est loin de l’esprit resort : l’adresse est avant tout urbaine comme le rappelle la ligne de chemin de fer voisine.

Accessible uniquement en voiture, l’hôtel propose via sa conciergerie, des balades originales, comme des food tours ou tours en bateau avec sports nautiques. Avec en vedette une visite aux 50e et 51e étages, sur les traces de l’histoire de la ville et de l’astronomie, le « cockpit » d’une hauteur de 22 mètres est le seul endroit de la tour avec vue à 360°, grandiose ! Le vrai luxe a un prix : à partir de 830 euros la nuit.


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Waldorf Astoria Rabat Salé . Tél. +212 5 30 48 20 20.