Ruban rouge autour du bras et robe d’avocat sur les épaules, ils sont plus d’une centaine à crier des slogans contre le ministère de la Justice en Tunisie devant le tribunal.

Maître Alia Cherif Chammari explique le sentiment de saturation au sein de la profession. « L’administration de la Justice manque de ressources humaines, il n’y a pas suffisamment de personnes qui puissent faire face à l’explosion des affaires et au volume des affaires de tout genre en Tunisie. Elle manque de moyens matériels. »

« Arrestation illégale du bâtonnier »

En avril dernier, l’ancien bâtonnier et ex-président de l’instance de lutte contre la corruption, Chawki Tabib, a été arrêté et emprisonné. Pour Haïfa Chebbi, avocate et fille du prisonnier politique Ahmed Nejib Chebbi, c’était l’arrestation de trop. « La goutte qui a fait déborder le vase, c’est l’arrestation totalement illégale du bâtonnier Chawki Tabib, qui s’est faite en contrevenant à toutes les bases et les fondements légaux de cet État et du code de procédures pénales, estime-t-elle. On a tenu une assemblée générale extraordinaire qui a décidé d’une série de mouvements militants, de révolte contre l’état auquel est arrivée la justice ou la non-justice actuelle du pays. »

Face à cette série de grèves qui commence dans le Grand Tunis pour s’étendre à d’autres régions jusqu’au 8 juin, le ministère de la Justice a publié un communiqué lapidaire lundi 18 mai, pour notifier les justiciables du bon fonctionnement des tribunaux malgré ce mouvement des avocats.

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