“Ce camp constitue la première preuve directe de l’implication de l’Éthiopie dans la guerre civile soudanaise”, résume Reuters dans son enquête parue le 10 février, qui révèle l’existence d’une base secrète des Forces de soutien rapide (FSR) installée dans le nord-ouest du pays.

Les sources de l’agence de presse, qui incluent notamment un membre du gouvernement éthiopien, affirment que les Émirats arabes unis ont financé la construction de ce camp et approvisionneraient en matériel et en soutien logistique les paramilitaires, qui combattent les forces armées soudanaises (FAS), l’armée régulière, dans le pays voisin.

D’après Reuters, le camp se situe à Menge, à proximté d’Asosa, sur un territoire boisé de l’État régional du Benishangul-Gumuz, à environ 32 kilomètres de la frontière avec le Soudan. Un endroit stratégique, au carrefour entre les deux pays et le Soudan du Sud. La zone abrite également le nouveau grand barrage de la Renaissance éthiopienne (Gerd).

Après l’Égypte, l’Éthiopie interviendrait donc ainsi directement dans le conflit soudanais, particulièrement meurtrier. La guerre civile, qui a éclaté en avril 2023 entre l’armée soudanaise et ses anciens alliés des FSR, a fait plus de 150 000 morts, a causé le déplacement de plus de 13 millions de personnes et a entraîné u