Selon l’OMS, le risque d’épidémie d’Ebola est élevé en Afrique centrale, mais reste faible au niveau mondial. Voire « très faible » en Europe, rassure la Commission européenne. En RDC, la flambée actuelle pourrait avoir débuté il y a déjà plusieurs mois.

L’OMS a déclenché dimanche une alerte sanitaire internationale pour faire face à ce qui constitue la 17e flambée d’Ebola touchant la République démocratique du Congo (RDC) depuis 1976. Dans ce vaste pays d’Afrique centrale de plus de 100 millions d’habitants, ce sont surtout les provinces orientales difficilement accessibles par les routes et en proie aux violences des groupes armés qui sont touchées.

Selon l’OMS, l’épidémie est déjà suspectée d’avoir fait 139 morts pour près de 600 cas probables, et pourrait se prolonger, même si le risque d’une propagation mondiale est pour l’instant bas. « Nous prévoyons que ces chiffres continueront d’augmenter, compte tenu de la durée de circulation du virus avant la détection de l’épidémie », a indiqué mercredi devant la presse à Genève le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Pas une urgence pandémique

« L’OMS a évalué le risque épidémique comme étant élevé aux niveaux national et régional, et faible au niveau mondial », a-t-il poursuivi, au lendemain de la tenue d’un comité d’urgence sur cette épidémie. Chargé d’émettre une série de recommandations, ce comité a confirmé qu’à ce stade, l’épidémie « ne répond pas » aux critères d’une urgence pandémique.

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De son côté, la Commission européenne a indiqué que le risque d’une infection dans l’UE était « très faible » et que « rien n’indique » que les Européens devraient prendre des mesures spécifiques.

« Toutes les personnes contact, toutes les personnes infectées, ne doivent pas voyager », a toutefois recommandé mercredi Abdi Rahman Mahamud, directeur des opérations d’alerte et de réponse aux urgences sanitaires à l’OMS.

Ebola provoque une fièvre hémorragique très meurtrière, mais le virus, qui a fait plus de 15’000 morts en Afrique au cours des 50 dernières années, est moins contagieux, par exemple que le Covid-19 ou la rougeole.

Premier cas découvert en avril

Mardi, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio avait pointé du doigt la lenteur de l’OMS, qui avait, selon lui, « un peu tardé » à identifier l’épidémie, ce qu’a contesté Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Le premier cas identifié à ce stade est un infirmier qui s’était présenté le 24 avril dans un centre de soins de Bunia, capitale de l’Ituri. Mais le foyer de l’épidémie a été localisé à environ 90km de là, dans la zone de santé de Mongbwalu, laissant penser que l’épidémie serait partie de cette localité et que les cas auraient ensuite migré.

L’OMS a été alertée de l’apparition d’une maladie à forte mortalité le 5 mai, un premier cas d’Ebola a été testé positif le 15, et l’organisation a décrété l’urgence de santé internationale deux jours plus tard.

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« Vu l’ampleur du problème, nous pensons que l’épidémie a probablement commencé il y a quelques mois, mais les enquêtes sont en cours », a expliqué mercredi à Genève Anaïs Legand, experte technique sur les fièvres hémorragiques virales à l’OMS.

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afp/vic