À la Une de la presse, ce mercredi 11 février, l’annonce, en Ukraine, d’élections et d’un référendum sur un éventuel accord de paix avec la Russie au printemps prochain. La sidération et la colère, au Sénégal, après les heurts entre étudiants et forces de l’ordre qui ont fait un mort, lundi, dans la principale université de Dakar. La mise au jour d’un réseau pédocriminel présumé entre la France et le Sénégal, et les remous judiciaires de l’affaire Epstein.
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À la Une de la presse, cette info exclusive du Financial Times, qui affirme que l’Ukraine prévoit d’organiser des élections et un référendum sur un éventuel accord de paix avec la Russie au printemps.
Le quotidien britannique indique que cette décision de Volodymyr Zelensky a été annoncée sous la pression de l’administration Trump, qui veut que les deux scrutins se tiennent avant le 15 mai — faute de quoi l’Ukraine perd les garanties de sécurité américaines. D’après The Financial Times, la tenue d’élections en Ukraine, si elle était confirmée, « marquerait un tournant politique spectaculaire de la part d’un président qui a affirmé à maintes reprises que de tels scrutins sont impossibles tant que le pays reste sous loi martiale, que des millions d’Ukrainiens sont déplacés et qu’environ 20 % du pays est sous occupation russe ».
Sidération et colère au Sénégal
Les heurts entre étudiants et forces de l’ordre ont fait un mort, lundi, dans la principale université de Dakar. Deux jours après le décès d’Abdoulaye Ba, un étudiant de médecine de 21 ans, retrouvé agonisant par ses camarades, qui accusent les policiers de l’avoir battu à mort. Le Soleil relaie les « appels à l’apaisement » du gouvernement et annonce l’ouverture d’une enquête.
La violence des affrontements à l’université Cheikh-Anta-Diop choque la presse régionale. Wakat Sera rappelle que les manifestants s’étaient mobilisés pour protester contre le non-versement de leurs bourses et la fermeture des restaurants universitaires. Le site d’information burkinabé se demande si le gouvernement saura « éteindre le feu en donnant satisfaction aux étudiants sans bourse et sans nourriture ». Pour Le Pays, la « survie » du gouvernement dépendra de sa « capacité à trouver une solution ». Le journal burkinabé rappelle, lui, que le duo Diomaye Faye/Ousmane Sonko, qui dirige actuellement le Sénégal, « doit son accession au pouvoir à la jeunesse et en particulier aux étudiants, qui ont été le fer de lance de la contestation contre les velléités de l’ex-président Macky Sall de s’accrocher au pouvoir ».
Un Français à la tête d’un réseau pédophile au Sénégal
Toujours au Sénégal : la police a annoncé, dimanche, l’arrestation de 14 personnes pour « pédophilie en bande organisée », « proxénétisme », et « transmission volontaire du VIH » à des mineurs de moins de 15 ans. À la tête de ce réseau présumé, un Français de 73 ans, Pierre Robert, qui se serait fait appeler le « patron du mal ». Selon le quotidien sénégalais Libération, cet individu, interpellé en France en avril 2025, et actuellement en détention provisoire, propriétaire d’une villa à Saly, une ville balnéaire à une heure de Dakar, aurait dirigé pendant « au moins » 10 ans, entre 2015 et 2025, un groupe de « formateurs sexuels », tous porteurs du VIH, chargés de « former au sexe » des enfants des rues ou de familles très pauvres, avant de les livrer à des « clients ».
Le Monde évoque une possible affaire de « pédo-criminalité internationale », qui ne semble toutefois pas vraiment surprendre les habitants de la Petite-Côte, une des destinations les plus touristiques du Sénégal, où des « retraités européens des deux sexes ne se cachent pas pour entretenir des relations avec des plus précaires mais surtout beaucoup plus jeunes qu’eux ». « Si ça reste heureusement rare, des mineurs peuvent être concernés, c’est une évidence, témoigne un habitant. C’est difficile de lutter contre : tout le monde profite du tourisme ou des résidences secondaires des toubabs », les Blancs.
De nouvelles plaintes en France dans l’affaire Epstein
Le fléau de la pédocriminalité est l’un des nombreux volets de l’affaire Epstein, qui n’en finit plus d’éclabousser les États-Unis et l’Europe. En France, de nouvelles plaintes vont peut-être relancer les poursuites judiciaires éteintes depuis la mort d’Epstein et de son complice français Jean-Luc Brunel. D’après Le Point, Ebba Karlsson, une Suédoise, a déposé une plainte, mardi 10 février, à Paris, pour « viol et traite d’êtres humains » contre Daniel Siad, « qui reconnaît avoir joué les chasseurs de mannequins pour Jeffrey Epstein mais nie catégoriquement avoir été au courant d’abus sexuels ». Selon nos confrères de France Info, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot annonce également « saisir le procureur de la République », après « la mise en cause » de Fabrice Aidan, un diplomate français cité lui aussi dans les documents Epstein.
En Norvège, la justice a déjà été saisie et le parlement annonce, en outre, la création d’une commission d’enquête indépendante pour faire la lumière sur les liens passés entre le pédocriminel et plusieurs personnalités locales. D’après Le Parisien, le parti écologiste plaide pour que cette commission soit présidée par l’ancienne juge franco-norvégienne Eva Joly, connue en France pour son instruction d’une autre affaire célèbre, l’affaire Elf.
Une polémique culinaire
Dans un registre plus léger, quoique, cette polémique au sujet de la restauration au village olympique des JO d’hiver, en Italie. The Times, le quotidien britannique, rapporte que Gleb Smolkin, un patineur artistique russe représentant la Géorgie, a exprimé son dégoût face à la nourriture proposée. « Au village, nous n’avons trouvé aucune cuisine russe ou géorgienne », s’est plaint l’athlète, assurant même que les pâtes commençaient déjà à lui « donner la nausée ». Cette déclaration a fait bouillir les locaux, très fiers de leur cuisine inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Sur le Web, des internautes ont répondu que Smolkin devrait « rentrer chez lui manger des grillons et des vers de terre » .
The Times fait état d’un autre possible crime de lèse-majesté culinaire. Le journal a calculé que depuis 2021, le nombre de restaurants étoilés au guide Michelin, la Bible de la gastronomie, a augmenté de 24 % en Grande-Bretagne et en Irlande, contre seulement 3 % en France. Ce qui signifie, selon ses projections, qu’au rythme actuel, Londres dépassera Paris en nombre de restaurants étoilés d’ici une décennie. The Times en salive déjà : « La Grande-Bretagne va peut-être enfin se débarrasser de sa vieille réputation de tréfonds culinaire : un endroit qu’on visite pour ses paysages plutôt que pour ses repas ». De quoi faire mentir, peut-être, la célèbre formule française sur la cuisine anglaise : « Si c’est froid, c’est de la soupe. Si c’est chaud, c’est de la bière ».
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