Pour les Maghrébins de France, le message est double. Il consacre la réalité de leur ancrage : la langue, l’identité, les unions, les amitiés disent une appartenance pleine et entière. Mais il acte aussi la persistance d’un plafond de verre que ni les diplômes, ni les générations, ni l’amour de la France n’ont encore réussi à briser.

L’intégration, elle, a réussi. L’égalité, elle, attend toujours.

France — « TeO2 en chiffres »

La France et l’immigration

1 sur 3 : la part des 18-59 ans ayant un lien direct à l’immigration sur trois générations
41 % : cette proportion lorsqu’on ajoute les personnes en couple avec une personne issue de l’immigration
32 % : la part du Maghreb parmi les immigrés, premier bassin d’origine

L’intégration qui réussit

94 % des descendants de deux parents immigrés se sentent français (97 % dans la population majoritaire)
86 % des enfants de deux parents immigrés ont parlé français à la maison durant l’enfance
59 % des descendants d’immigrés ont un conjoint d’une autre origine
11 % seulement des immigrés vivent « entre soi » amical, contre 59 % dans la population majoritaire

L’égalité qui attend

+6,2 points : le sur-risque de chômage d’un homme immigré du Maghreb, à diplôme et profil égaux — un écart qui persiste à la 2ᵉ génération
36 % des originaires du Maghreb vivent dans les quartiers les plus ségrégués, contre 6 % de la population majoritaire
−20 à −40 % : l’écart de revenu des ménages originaires d’Afrique (Maghreb compris) face à la population majoritaire
17 % des Français déclarent une discrimination subie en 5 ans (14 % en 2008), avec un pic chez les Maghrébins, Ultramarins et Afrique subsaharienne

La source Enquête Trajectoires et Origines 2 (TeO2), Ined-Insee, 27 000 personnes interrogées en 2019-2020, ouvrage publié le 21 mai 2026.