Selon les données de la Chambre sud-africaine des affaires agricoles (Agbiz), les exportations du pays dans ce secteur ont atteint 15,1 milliards USD (environ 12,67 milliards d’euros) en 2025, soit 10% de plus qu’en 2024. Cette enveloppe marque également un nouveau record, ainsi que la 7e année consécutive de progression des ventes nationales de produits agricoles, avec l’Afrique comme principal marché.
Selon Wandile Sihlobo, chef économiste à l’Agbiz, les expéditions vers le reste du continent ont ainsi compté pour 53% des ventes au 4e trimestre, contre 16 % pour l’Union européenne et 17% pour l’Asie et le Moyen-Orient. Le seul bémol sur cette période reste la baisse des expéditions vers les États-Unis. Avec les droits de douane imposés sur certains produits, les ventes vers le pays de l’Oncle Sam ont reculé de 11% au troisième trimestre et de 39% au dernier trimestre. Au total, les exportations agricoles vers les USA auront reculé de 3% à 504 millions USD (environ 423 millions d’euros) en 2025.
Dans l’ensemble, les principaux produits exportés par l’Afrique du Sud comprennent des agrumes, des raisins, des noix, des pommes, de la laine, des poires, du maïs, du vin, du sucre, des jus de fruits et des avocats.
Premier exportateur agricole net d’Afrique
Avec cette nouvelle performance, Pretoria confirme plus que jamais son statut de première puissance agricole africaine. Avec un climat favorable, une agriculture qui est l’une des plus diversifiées au monde et une production commerciale intensive, le pays est notamment le leader continental dans le maïs et le vin, et représente le second exportateur d’agrumes au monde.
Selon les données de l’édition 2025 de l’Africa Agricultural Trade Monitor (AATM), un rapport annuel analysant les tendances du commerce agricole pour le continent, la nation arc-en-ciel affiche un excédent commercial moyen de 7,1 milliards USD (environ 6 milliards d’euros) entre 2019 et 2023, soit l’équivalent de la somme des surplus affichés sur la même période par ses trois poursuivants que sont la Côte d’Ivoire (environ 4,4 milliards d’euros), le Kenya (environ 1 milliard d’euros) et le Ghana (environ 587,5 millions d’euros).
Quelles perspectives pour 2026
Des observateurs soulignent que la bonne santé des exportations agricoles sud-africaines devrait se poursuivre cette année, avec un solde excédentaire attendu de la balance commerciale. Les prévisions favorables dans la production de maïs et de sucre continueront à alimenter les ventes vers le continent africain, alors que la croissance dans l’offre d’agrumes tirera encore les ventes vers l’Union européenne. Parmi les ombres à ce tableau figurent principalement les incertitudes concernant le marché américain. Si le régime commercial préférentiel AGOA (African Growth and Opportunity Act) a été prolongée à fin 2026, l’optimisme reste encore prudent au niveau de l’Agbiz.
« Cette extension ne garantit qu’une chose : les droits de douane appliqués par les ÉtatsUnis n’augmenteront pas à 33 % […]. En dépit du répit offert par l’AGOA, une large part des exportations agricoles sudafricaines vers le marché américain reste donc soumise à un tarif de 30 %, ce qui continue de peser sur leur compétitivité face à des concurrents comme le Chili ou le Pérou. Certes, les oranges, les fruits à coque (comme les noix de macadamia) et les jus de fruits sudafricains bénéficient aujourd’hui d’exemptions, mais de nombreux autres produits agricoles – agrumes transformés, raisins de table, vins, raisins secs, produits de l’autruche, entre autres – ne figurent ni sur la liste des produits exemptés, ni sur celle des produits dont les droits ont été modifiés », explique l’organisme.