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La part des sources propres dans le mix de production d’électricité en Tunisie a enregistré une baisse en 2025, pour s’établir à 4,03%, contre 4,4% en 2024, selon un rapport de l’Unité de recherche sur l’énergie, une plateforme spécialisée dans les marchés énergétiques basée à Washington.
Ce recul intervient malgré la progression de la capacité installée des énergies renouvelables au cours de la dernière décennie, dans un contexte marqué par un déficit énergétique structurel et une forte dépendance au gaz naturel.
Repli du solaire, de l’éolien et de l’hydroélectricité
Selon les données rapportées, la part de l’énergie solaire dans le mix électrique tunisien est passée de 2,62% en 2024 à 2,52% en 2025.
La part de l’éolien a également reculé, atteignant 1,5% en 2025, contre 1,73% une année auparavant.
L’hydroélectricité, déjà très marginale dans la production nationale, a poursuivi sa baisse pour s’établir à 0,04% à la fin de 2025, contre 0,05% en 2024.
Une capacité renouvelable en hausse, mais un impact encore limité
Ce repli de la contribution des énergies renouvelables intervient pourtant alors que la capacité installée a été multipliée par deux et demi au cours des dix dernières années, selon l’Unité de recherche sur l’énergie.
L’énergie solaire concentre l’essentiel de cette croissance. Sa capacité a atteint 895 mégawatts à la fin de 2025.
En revanche, le secteur de l’éolien connaît une stagnation prolongée. Sa capacité opérationnelle n’a pas enregistré d’évolution notable depuis 2018, restant stable à 245 mégawatts.
Les concessions solaires comme levier stratégique
Face à cette situation, la Tunisie a eu recours aux accords de concessions dans les projets d’énergie solaire, considérés comme une nécessité stratégique pour réduire la dépendance au gaz naturel, qui demeure la principale source de production d’électricité dans le pays.
Cette orientation s’explique aussi par la compétitivité croissante du solaire, dont le coût devient plus avantageux par rapport au gaz, notamment dans un contexte de pression sur les finances publiques et de hausse du coût de l’énergie.
À la fin du mois d’avril dernier, l’Assemblée des représentants du peuple a adopté cinq projets de loi portant approbation d’accords de concessions pour la production d’électricité à partir de centrales photovoltaïques dans plusieurs gouvernorats.
Un déficit énergétique structurel
La Tunisie fait face à une aggravation de son déficit énergétique et à un déséquilibre structurel de sa balance énergétique.
Selon les chiffres officiels présentés par le secrétaire d’État chargé de l’Énergie lors d’une séance parlementaire tenue le 5 mai 2026, les ressources nationales en énergie primaire ont fortement reculé, passant de 8,3 millions de tonnes équivalent pétrole en 2010 à environ 3,4 millions de tonnes équivalent pétrole en 2025.
Dans le même temps, la consommation est restée élevée, atteignant 9,7 millions de tonnes équivalent pétrole.
Ce déséquilibre a généré un déficit énergétique estimé à environ 6,3 millions de tonnes équivalent pétrole, soit près de 65% des besoins nationaux.
Une pression croissante sur les finances publiques
Le déficit de la balance commerciale énergétique a atteint 11.023 millions de dinars en 2025.
Parallèlement, les subventions à l’énergie ont dépassé 7.000 millions de dinars, traduisant une pression de plus en plus lourde sur les finances publiques.
Ces indicateurs confirment l’urgence d’accélérer la transition énergétique, tout en garantissant la sécurité d’approvisionnement et la maîtrise des coûts pour les ménages et les entreprises.
Un défi entre transition énergétique et sécurité d’approvisionnement
La baisse de la part des énergies propres dans le mix électrique tunisien montre que l’augmentation des capacités installées ne suffit pas à elle seule à transformer rapidement le système énergétique.
Le pays devra désormais accélérer la mise en service effective des projets renouvelables, moderniser les réseaux, encourager l’efficacité énergétique et diversifier ses sources d’approvisionnement.
Dans un contexte de déficit énergétique persistant, la transition vers les énergies renouvelables apparaît non seulement comme un choix environnemental, mais aussi comme un enjeu économique et stratégique majeur pour la Tunisie.
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