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La Tunisie a enregistré des progrès dans plusieurs indicateurs liés à la préservation de la biodiversité, notamment à travers l’élaboration de sa première liste rouge nationale des espèces menacées et l’intégration de la dimension environnementale dans les politiques sectorielles depuis 2020.
Ces résultats s’inscrivent dans le cadre de l’évaluation du septième rapport national sur la biodiversité et du cinquième rapport national relatif au Protocole de Carthagène sur la prévention des risques biotechnologiques.
Une distinction internationale en 2025
La Tunisie a également été distinguée en 2025 par la « médaille d’excellence » lors du Congrès mondial de la nature, en reconnaissance de ses efforts dans la planification stratégique en matière de conservation de la biodiversité.
Ces résultats ont été présentés lors d’une conférence nationale organisée, ce vendredi, par le ministère de l’Environnement au siège de l’Académie diplomatique internationale de Tunis.
La rencontre s’est tenue à l’occasion de la Journée mondiale de la biodiversité, célébrée cette année sous le thème : « Agir localement pour un impact mondial ».
Des progrès dans plus de la moitié des objectifs
Le directeur général de l’écologie et des milieux naturels au ministère de l’Environnement, Hatem Ben Belkacem, a indiqué que le septième rapport national fait état d’une progression dépassant 50% dans plusieurs objectifs liés à l’adaptation des stratégies nationales au nouveau cadre mondial de la biodiversité.
Ce cadre comprend 23 objectifs internationaux que la Tunisie a entrepris de traduire en objectifs nationaux.
Il a souligné que la Tunisie figure parmi les pays précurseurs dans l’intégration de la biodiversité dans les politiques économiques et sectorielles, notamment dans les domaines de l’industrie, du ciment et des ressources minérales, avant même l’adoption du nouveau cadre mondial en 2022.
Cette orientation concerne désormais également les ministères des Finances, de l’Économie et de la Planification, à travers le plan de développement et les plans quinquennaux.
Une première liste rouge nationale
Hatem Ben Belkacem a rappelé que la Tunisie a élaboré pour la première fois sa liste rouge nationale des espèces menacées, en parallèle avec l’évaluation des écosystèmes dans le cadre de la liste rouge des écosystèmes.
Il a affirmé que l’indicateur national de la liste rouge est resté stable grâce aux programmes de conservation des espèces et des écosystèmes.
Les efforts de préservation ont également été portés par des institutions publiques et des organisations de la société civile, contribuant à la reconnaissance internationale obtenue par la Tunisie en 2025.
Des défis persistants
Malgré ces avancées, le responsable a mis en garde contre plusieurs défis environnementaux persistants.
Il a cité notamment la dégradation des écosystèmes, la faiblesse du rythme de leur restauration, l’arrêt de l’extension des aires protégées terrestres et marines, ainsi que les pressions croissantes liées à la pollution plastique et aux changements climatiques.
Renforcer les aires protégées
La Tunisie travaille actuellement à renforcer son réseau d’aires protégées à travers de nouveaux projets et textes réglementaires visant la création de réserves marines et terrestres.
Cette démarche s’accompagne de la mise à jour du Code forestier et de l’adoption de l’approche de la « liste verte » pour les réserves naturelles, fondée sur la gouvernance participative et la gestion partagée.
Le rapport recommande également de consolider les bases de données environnementales et les indicateurs nationaux, de développer les mécanismes de coordination entre les différents intervenants et de mobiliser des financements nationaux et internationaux supplémentaires.
Sécurité biologique et organismes génétiquement modifiés
Concernant la sécurité biologique, Hatem Ben Belkacem a précisé que le cinquième rapport national relatif au Protocole de Carthagène a porté sur l’évaluation du dispositif de prévention des risques liés aux organismes génétiquement modifiés.
Il a indiqué que la Tunisie dispose d’un réseau national de laboratoires spécialisés dans la détection des OGM et l’analyse de leurs risques, dont les laboratoires de la Banque nationale des gènes, du Centre de biotechnologie de Borj Cédria et de Sidi Thabet.
Vers un cadre législatif plus complet
La Tunisie œuvre actuellement à finaliser le cadre législatif relatif aux organismes génétiquement modifiés, soit à travers l’élaboration d’une loi spécifique, soit par l’intégration de ces questions dans les textes liés à la sécurité sanitaire des aliments et au Code de l’environnement.
Hatem Ben Belkacem a enfin indiqué que l’élaboration des deux rapports s’est faite selon une approche participative, associant ministères, institutions scientifiques, centres de recherche et société civile, en coopération avec le Programme des Nations unies pour le développement, entre septembre 2025 et février 2026.
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