Après plusieurs années marquées par les incertitudes économiques mondiales, les tensions sociales et les effets prolongés des crises successives, la question de l’investissement revient au centre du débat économique tunisien.

Derrière les fluctuations conjoncturelles, un enjeu stratégique s’impose en portant sur la capacité du pays à reconstruire un cycle durable de création de valeur, de modernisation productive et de montée en compétitivité. Au fait, dans les économies émergentes, l’investissement demeure bien plus qu’un simple indicateur financier en constituant le principal révélateur de la confiance des entreprises, de la visibilité institutionnelle et des perspectives de croissance à long terme.

Depuis la fin des années 1980, la Tunisie a engagé de profondes réformes destinées à renforcer l’initiative privée, encourager l’entrepreneuriat et soutenir l’ouverture économique. Cette stratégie avait permis au pays de bâtir une base industrielle relativement diversifiée et de développer des secteurs exportateurs compétitifs, notamment dans les industries manufacturières, les composants électriques, l’agroalimentaire et les services technologiques.

Même si le rythme des investissements a fortement ralenti au cours des dernières années, sous l’effet des tensions économiques mondiales, des déséquilibres internes et de la crise sanitaire, l’économie tunisienne conserve plusieurs atouts structurels majeurs. Sa proximité avec le marché européen, la qualification de sa main-d’œuvre, la montée des compétences numériques et la diversification progressive de ses activités exportatrices continuent de représenter des facteurs d’attractivité importants.

Une reprise encore prudente

Les chiffres illustrent une phase de transition plutôt qu’un décrochage durable. Après avoir dépassé 20% du PIB au début des années 2010, le taux d’investissement avait chuté à moins de 11% en 2020 durant la pandémie. Depuis, une remontée graduelle s’est amorcée. Les dernières estimations situent désormais ce ratio autour de 14% à 15% du PIB en 2025, signe d’une reprise progressive de la confiance des acteurs économiques.