Par
Rédaction La Presse de la Manche
Publié le
23 mai 2026 à 10h52
Appelé sous les drapeaux en 1955, Robert Pismont a passé deux ans en Tunisie, à la frontière algérienne. Aujourd’hui doyen de la section des anciens combattants de Surtainville (Manche), il livre un témoignage poignant. « Une personnalité qui mérite bien plus que ces quelques lignes », confie Marie-Annick Rousselin, co-présidente de la section.
Entre 1954 et 1962, la guerre d’Algérie mobilise près d’un million et demi de militaires français. Pour contrer le Front de libération nationale (FLN), qui utilise la Tunisie voisine comme base arrière, l’armée française mène des opérations le long de la ligne Morice, un barrage destiné à empêcher le passage des combattants algériens.
« Je faisais mon boulot »
C’est dans ce contexte que Robert Pismont est appelé en Tunisie. Contraint par la loi de servir loin de chez lui, il y reste de 1955 à 1957. « Je faisais mon boulot. »
Posté du côté tunisien de la frontière, tandis que certains de ses camarades de classe se trouvent du côté algérien, il fait partie d’un convoi d’environ 140 soldats qui se déplacent au gré des missions. Lui, il est cuisinier, de « corvée cuisine », comme il le raconte. De jour comme de nuit, il retourne aux fourneaux pour servir essentiellement les cadres au mess.
Le jour où tout a basculé
Et un jour, c’est le choc. Le capitaine Martin l’interpelle : « Pismont, assieds-toi. » Surpris par ce tutoiement inhabituel, Robert Pismont sent que les nouvelles ne sont pas bonnes. « Qu’est-ce qu’il y a ? » « On ne retournera pas dans le secteur de Sidi Bouzid. Ils nous ont tapés dessus. »
La nouvelle est dure. Comme un coup de semonce, elle rappelle à tous les soldats que personne n’est en sécurité. Le danger est partout, même de ce côté de la frontière, même dans des lieux censés être plus calmes.
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La guerre d’Algérie s’achève avec la reconnaissance de l’indépendance du pays le 3 juillet 1962, la naissance de la République algérienne démocratique et populaire le 25 septembre, et l’exode d’un million de Pieds Noirs.
Pour Robert, le retour à la vie civile se fait lors d’une permission de huit jours passée en métropole auprès des siens. Comme il lui reste moins de trois mois à servir, il ne remettra plus jamais les pieds en Afrique.
La section adresse une pensée à tous les soldats, civils et militaires, qui ne sont pas revenus, physiquement ou mentalement, des conflits.
De notre correspondante Laure GHANNAM
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