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Au moins 162 personnes ont été tuées lors d’une attaque armée dans un village de l’État de Kwara, au Nigeria, selon la Croix-Rouge. Un massacre d’une rare violence qui illustre l’aggravation de l’insécurité dans le centre-ouest du pays.

C’est un terrible drame qui s’est noué ce mardi 3 février au Nigeria. AU moins 162 personnes ont été tuées lors d’une attaque perpétrée dans le village de Woro dans l’État de Kwara (centre-ouest du Nigeria). Les chiffres sont rapportés par la Croix-Rouge : plusieurs hommes armés auraient pénétré dans ce village, lors d’une attaque confirmée par la police et le gouverneur de l’État. Il s’agit de l’un des pires massacres dans le pays depuis plusieurs mois.

 

L’État de Kwara est en proie à une insécurité multifactorielle, entre des bandes armées (localement appelées bandits) qui pillent les villages, kidnappent et terrorisent les habitants, et une menace jihadiste en augmentation, avec des groupes actifs dans le nord-ouest du pays qui étendent leur champ d’action vers le sud. Face à l’insécurité, les autorités locales ont mis en place des couvre-feux dans certaines zones de l’État et avaient fermé les écoles pendant plusieurs semaines, avant d’ordonner leur réouverture lundi. « Selon les derniers rapports, le bilan s’élève désormais à 162 morts, tandis que les recherches pour retrouver d’autres corps se poursuivent », a indiqué Babaomo Ayodeji, secrétaire de la branche de Kwara de la Croix-Rouge nigériane.

« Frustration des terroristes »

Le gouverneur de l’État de Kwara, AbdulRahman AbdulRazaq, a qualifié cette attaque d' »expression lâche de la frustration des cellules terroristes suite aux campagnes antiterroristes en cours dans certaines parties de l’État et aux succès enregistrés jusqu’à présent ». Il y a quelques jours, l’armée nigériane avait annoncé avoir « neutralisé » – sans préciser si elle les avait capturés ou tués – des « terroristes » (environ 150, selon les médias locaux) dans les forêts de Kwara, précisant qu’il s’agissait de bandits.

Le Nigeria, pays le plus peuplé et premier producteur de pétrole d’Afrique, fait face depuis 2009 à une insurrection jihadiste dans le nord-est, tandis que des groupes armés criminels sévissent dans le nord-ouest et le centre-nord, auxquels se sont ajoutés des mouvements jihadistes locaux comme Lakurawa et Mahmuda. Des chercheurs ont récemment établi un lien entre certains membres de Lakurawa – le principal groupe jihadiste basé dans l’État de Sokoto (nord) – et l’État islamique au Sahel (EISS), actif au Niger voisin.