Dans une analyse approfondie du politologue marocain spécialisé dans la question du Sahara, Ahmed Nour Eddine, il apparaît que l’escalade récente de l’Algérie à la frontière avec le Maroc, en particulier dans la région de Figuig, constitue une réaction directe aux fortes pressions diplomatiques exercées par les États-Unis et le Conseil de sécurité des Nations Unies. Cette escalade reflète ce que Nour Eddine qualifie de « choix suicidaire algérien », une tentative désespérée d’échapper à la pression internationale tout en révélant la supériorité militaire et technologique du Maroc et sa capacité à contrôler la situation.
Selon Nour Eddine, après un long refus de participer aux négociations sur l’autonomie, l’Algérie a été contrainte de siéger à la commission des experts pour discuter de la mise en œuvre de la vision marocaine sur le terrain. En parallèle, elle a recours à des actions provocatrices comprenant des incursions sur le territoire marocain à Figuig, la saisie de troupeaux appartenant à des agriculteurs et l’envoi d’unités militaires vers des zones frontalières sensibles. Ces gestes, selon l’analyse, traduisent la volonté du régime algérien de fuir les pressions internationales, mais révèlent en réalité sa fragilité face à la capacité réelle du Maroc à dissuader toute tentative d’agression.
Panique interne : échec du projet saharien et tensions sociales
Nour Eddine souligne que l’Algérie traverse également une situation intérieure de panique liée à son incapacité à expliquer l’échec de son projet au Sahara et aux pressions économiques et politiques accumulées. Le régime doit faire face à un mécontentement interne massif dû à la perte de centaines de milliards de dollars sur cinquante ans sans aucun résultat concret, à la menace pesant sur la stabilité des minorités telles que les Mozabites réprimés en 2015, et aux risques d’explosion des crises régionales au Mali, au Niger et en Libye en raison de l’ingérence algérienne dans les conflits. Ce mélange de pressions internes et externes fait de tout recours à l’escalade militaire un choix suicidaire, selon le politologue.
Supériorité marocaine : technologie et armée comme bouclier
Par ailleurs, le Maroc dispose d’une supériorité manifeste sur plusieurs plans, notamment dans les technologies militaires modernes, les capacités de défense aérienne et le contrôle des frontières, tout en maintenant une modernisation continue des Forces armées royales et des exercices conjoints avec des alliés internationaux. Le recrutement obligatoire permet de renforcer la mobilisation interne et de créer une réserve prête à intervenir en cas d’escalade. Cette supériorité rend toute tentative d’agression algérienne condamnée à l’échec et illustre la capacité du Maroc à assurer une dissuasion efficace sans recours à une escalade militaire généralisée.
Provocations calculées : pression ou illusion de force ?
Nour Eddine ajoute que les provocations récentes de l’Algérie ne sont pas le fruit du hasard mais visent à exercer une pression sur le Maroc pendant la mise en œuvre du programme d’autonomie et à montrer que l’Algérie conserve encore quelques cartes, malgré le contexte international et régional qui la place sous surveillance et contrainte. Cependant, l’analyse souligne que ces signaux ne sont plus efficaces face à la détermination du Maroc et au soutien international, rendant tout futur acte d’escalade extrêmement coûteux pour l’Algérie, tant sur le plan intérieur qu’extérieur.
Maroc maître du jeu, Algérie coincée
pour Ahmed Nour Eddine affirme que les provocations frontalières et le choix suicidaire de l’Algérie reflètent le désespoir du régime confronté à un dilemme complexe entre accepter les négociations et mettre en œuvre l’autonomie selon la vision marocaine, ou s’engager dans une escalade militaire vouée à l’échec en raison de la supériorité militaire et technologique du Royaume et de ses alliances internationales. Ainsi, le Maroc conserve entièrement l’initiative, tandis que l’Algérie se réduit à un chiffre après la virgule dans le conflit, la Front Polisario n’étant plus qu’un instrument entre les mains du régime qui craint simultanément sanctions internationales et explosions internes.