En Tanzanie, la pression s’accentue sur le parti d’opposition Chadema. Dans la soirée du mercredi 20 mai, David Djumbe, l’assistant personnel de Tundu Lissu, le leader de la formation emprisonné depuis plus d’un an, a été kidnappé. L’homme, qui a miraculeusement pu s’échapper, a ensuite livré son récit, expliquant qu’en rentrant chez lui, il a été forcé de monter dans un véhicule par des hommes armés affirmant appartenir à la police malgré la présence de dizaines de témoins.
Les photos de sa tentative d’enlèvement – sur lesquelles il semble en état de choc, le visage ensanglanté et les poignets menottés – ont fait le tour des réseaux sociaux tanzaniens.
C’est pendant son transport vers un lieu inconnu que celui-ci est parvenu à fausser compagnie à ses ravisseurs : alors qu’il les entend parler de motos-taxis qui les suivent et que s’engage une course-poursuite à grande vitesse, David Djumbe tire profit de leur décision d’arrêter le véhicule dans lequel il se trouve pour tirer sur les motos. Cette distraction lui permet de s’échapper et de courir en lieu sûr.
Confirmé par l’un de ses amis présent au moment de son enlèvement, le récit illustre des techniques d’intimidation devenues fréquentes depuis trois ans en Tanzanie où la présidente Samia Suluhu Hassan gouverne de façon de plus en plus autoritaire. Il y a quelques jours encore, une membre influente du Chama cha Mapinduzi (CCM), le parti au pouvoir, affirmait ainsi vouloir « achever » Chadema.
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