La campagne pour les élections législatives – le scrutin le plus important du pays – touche à sa fin en Éthiopie. Lundi 1er juin, les 50 millions d’électeurs inscrits sur les listes électorales seront appelés aux urnes pour élire leurs députés qui désigneront, à leur tour, le nouveau Premier ministre, poste auquel l’actuel chef du gouvernement, Abiy Ahmed, est candidat pour un troisième mandat de cinq ans.

Reste que la tenue du vote ne fait pas consensus dans le pays. La campagne s’est déroulée sous forte pression dans de nombreuses régions éthiopiennes en proie à l’insécurité. Aux yeux de plusieurs partis d’opposition, les conditions ne sont pas réunies pour que le scrutin du 1er juin se tiennent en toute sécurité et sérénité.

Dans les deux plus grandes régions du pays, l’Amhara et l’Oromia, des affrontements continuent en effet d’avoir lieu régulièrement entre des milices locales et l’armée fédérale, tandis qu’au Tigré où une guerre a opposé le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) aux forces gouvernementales entre 2020 et 2022, les élections ne pourront pas avoir lieu en raison d’un important regain de tension.

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Même si 47 partis d’opposition se sont enregistrés pour participer au scrutin et s’y présenteront, pour beaucoup, en coalition pour tenter d’exister face à l’hégémonie du Parti de la postérité d’Abiy Ahmed, de nombreux opposants au régime estiment également que la campagne a été conduite de façon inégalitaire et accusent le gouvernement d’intimidation et de harcèlement.

Le Parti de la prospérité détient une super-majorité à la Chambre des représentants avec plus de 80% des sièges. Il contrôle les puissants médias d’État, qu’il a mis au service de la campagne du chef du gouvernement, au pouvoir depuis huit ans.