Derrière la progression apparente du crédit bancaire tunisien se cache une mutation révélatrice de l’économie.
Entre décembre 2021 et décembre 2025, les encours distribués des crédits par le système bancaire sont passés de 77,6 à 92,9 milliards de dinars, selon les données de la Banque Centrale de Tunisie, soit une hausse nominale de 19,8%. Sur la seule année 2025, la progression atteint 4,1%.
Pris isolément, le chiffre pourrait suggérer une dynamique financière relativement résiliente. Rapportée à une inflation cumulée estimée entre 35% et 40% sur la période, cette évolution traduit en réalité une contraction du crédit en termes réels. Autrement dit, la Tunisie prête davantage en valeur nominale, mais finance moins d’économie productive qu’il y a quatre ans.
Cette divergence éclaire l’une des grandes transformations en cours. Au fait, le crédit bancaire ne suit plus prioritairement la logique de l’investissement de long terme. Il accompagne davantage la gestion de trésorerie, les tensions de liquidité et les besoins de roulement d’une économie affectée pat l’inflation.
Le commerce supplante la logique industrielle
Les industries manufacturières constituent le premier réceptacle du crédit bancaire tunisien avec 29 milliards de dinars à fin 2025, soit 31,2% du total des encours. Depuis 2021, le secteur affiche une progression de 23,7%. Sauf que, derrière ce poids dominant, les données révèlent un ralentissement de plus en plus ancré.