Entre falaises abruptes, villages isolés et vagues qui semblent frôler les rails, certaines lignes ferroviaires transforment un simple trajet en véritable expérience de voyage. Partout en Europe, des itinéraires côtiers permettent d’admirer des paysages spectaculaires sans quitter son siège. De l’Écosse aux fjords espagnols, en passant par les côtes italiennes, ces lignes séduisent autant les amateurs de slow travel que les passionnés de panoramas maritimes. Et la France possède elle aussi un parcours ferroviaire capable de rivaliser avec les plus beaux itinéraires européens.

Des trains qui longent l’océan au plus près

En Écosse, la ligne reliant Inverness à Kyle of Lochalsh traverse certains des paysages les plus sauvages du Royaume-Uni. Longue de 133 km, elle permet d’apercevoir à la fois la côte est et la côte ouest du pays. Après avoir quitté Inverness, le train longe d’abord le Cromarty Firth avant de s’enfoncer dans les Highlands. Les vingt dernières minutes du trajet offrent une vue particulièrement spectaculaire sur le Loch Carron et la péninsule d’Applecross.

Plus au sud, l’Irlande propose elle aussi un itinéraire côtier réputé. La ligne entre Dublin Connolly et Arklow suit la côte est du pays sur près de 80 m. Le passage le plus impressionnant se situe au niveau de Bray Head, où la voie ferrée traverse la falaise au bord de la mer. Cette portion a été conçue par Isambard Kingdom Brunel, célèbre ingénieur de la révolution industrielle. Ensuite, le train longe les plages et les zones humides des Murrough Wetlands, avec les montagnes de Wicklow en arrière-plan.

L’Allemagne possède également une ligne unique en son genre : celle qui rejoint l’île de Sylt. Pour atteindre cette île de la mer du Nord, les trains empruntent la digue de Hindenburg, construite en 1927 au-dessus de la mer des Wadden. Depuis avril 2026, des trains ICE à grande vitesse peuvent pour la première fois circuler sur cette portion. Le trajet devient particulièrement impressionnant à marée haute, lorsque les eaux entourent entièrement les rails.

Fjords espagnols et rivages italiens

Dans le nord de l’Espagne, la ligne reliant Ribadeo à Ferrol suit une partie du vaste réseau ferroviaire à voie étroite qui longe la côte cantabrique. Sur près de 150 km, le train serpente entre les falaises, les forêts d’eucalyptus et les rias galiciennes, ces grands estuaires typiques de la région. Le parcours reste relativement méconnu malgré des paysages spectaculaires, notamment autour d’Ortigueira et du cap Ortegal. Le journaliste Nicky Gardner décrit d’ailleurs ce trajet dans The Guardian comme « une aventure de slow travel ». Il précise également que « les vagues se brisent à droite tandis qu’une dense forêt d’eucalyptus s’étend à gauche ».

En Italie, la ligne ionienne de Calabre offre un autre décor saisissant. Entre Reggio di Calabria et Soverato, les rails suivent presque continuellement le littoral sur environ 160 km. D’un côté apparaissent les montagnes sombres de l’Aspromonte, de l’autre la mer Ionienne s’étend jusqu’aux côtes libyennes. Selon Nicky Gardner, « aucune autre ligne ferroviaire en Europe ne longe la côte avec autant de constance ». Le trajet traverse une succession de caps, de baies et de villages méditerranéens, loin des grands circuits touristiques italiens.

Le Train des Merveilles, le parcours français qui rivalise avec les plus belles lignes européennes

La France possède elle aussi un itinéraire spectaculaire avec le Train des Merveilles, qui relie Nice à Tende, dans les Alpes-Maritimes. Remise en service en décembre 2025 après un an de travaux, cette ligne grimpe de 1 000 mètres d’altitude sur environ 100 km, entre Méditerranée et montagnes du Mercantour.

Le trajet débute à quelques minutes des plages niçoises avant de s’enfoncer rapidement dans les reliefs alpins. Construite à partir de 1883, la ligne franchit plus de 100 ponts et viaducs et traverse presque autant de tunnels. Certains sont des tunnels hélicoïdaux permettant au train de gagner de l’altitude à l’intérieur même de la montagne.

Dans The Guardian, la journaliste Annabelle Thorpe décrit « l’un des itinéraires ferroviaires les plus spectaculaires d’Europe ». Elle évoque aussi « des sommets déchiquetés qui donnent à la route de vallée l’apparence d’un mince ruban ».

Le train dessert plusieurs villages perchés comme Sospel ou La Brigue, avant d’arriver à Tende, à près de 800 mètres d’altitude. Le contraste entre le littoral azuréen et les paysages alpins constitue l’un des points forts du parcours. Annabelle Thorpe souligne d’ailleurs que « c’est incroyable de penser que nous sommes à peine à une heure de Nice – on a l’impression d’avoir été transportés dans une région totalement différente de la France ». Il n’y a plus qu’à réserver !