Les dirigeants européens ont convoqué mardi 26 mai 2026 les représentants russes dans leur zone après l’appel de Moscou aux diplomates étrangers à quitter Kiev avant de nouvelles frappes russes sur la capitale ukrainienne, déjà massivement bombardée le week-end dernier.

La Russie fait planer depuis plusieurs jours la menace d’une escalade dans ses attaques sur l’Ukraine, plus de quatre ans après avoir lancé ses troupes à l’assaut du pays, pour se venger d’une frappe ukrainienne ayant tué selon Moscou 21 personnes dans un lycée en territoire occupé.

La diplomatie russe a ainsi appelé lundi les ressortissants étrangers vivant à Kiev, dont les personnels diplomatiques, à quitter la capitale ukrainienne avant de nouveaux bombardements.

Dénonçant une « escalade inacceptable », une porte-parole de l’UE, Anitta Hipper, a annoncé sur X que le chargé d’affaires russe à Bruxelles avait été convoqué en signe de protestation et assuré que la délégation de l’UE resterait présente dans la capitale ukrainienne.

L’Allemagne, l’un des principaux alliés de Kiev, a également convoqué l’ambassadeur russe et assuré qu’elle « ne se laisserait pas intimider » et « continuera à soutenir l’Ukraine de toutes ses forces ».

Le représentant russe à Oslo a également été convoqué par la Norvège, pays européen non-membre de l’UE, pour protester contre les « menaces ».

Chose rare, l’avertissement de Moscou a été répété individuellement par le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov à son homologue américain Marco Rubio, qui a fait savoir qu’il avait transmis le message au président Donald Trump.

À l’ONU, une cinquantaine d’États ont dénoncé mardi les « menaces récentes » de Moscou contre les diplomates à Kiev.

L’Ukraine met en garde la Biélorussie

Le média Kyiv Independent rapporte que le commandant des forces de systèmes sans pilote (drones) ukrainiennes, Robert Brovdi, a mis en garde le dictateur biélorusse Alexandre Loukachenko contre toute action susceptible d’entraîner davantage Minsk dans la guerre.

Dans cet entretien réalisé mardi, il indique que les forces ukrainiennes ont identifié 500 cibles potentielles en Biélorussie, alors que les inquiétudes grandissent quant à une possible implication plus directe du pays allié de Moscou, dans la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine.

Brovdi n’a pas précisé quels types de cibles avaient été identifiés ni dans quelles circonstances elles pourraient être atteintes.

Le président Volodymyr Zelensky a également mis en garde publiquement la Biélorussie contre toute implication accrue dans le conflit, affirmant qu’il y aurait des « conséquences » et que l’Ukraine était prête à prendre des « mesures préventives » en réponse aux menaces potentielles.

Le ministère de la Défense biélorusse a affirmé le 21 mai que la Russie avait déployé des ogives nucléaires sur le territoire biélorusse dans le cadre d’exercices militaires conjoints. Loukachenko a cependant rejeté les allégations d’une implication accrue de son pays dans le conflit et s’est dit prêt à rencontrer Zelensky « n’importe où » pour discuter des relations bilatérales.

Cet avertissement, ainsi que les inquiétudes plus générales concernant le rôle de la Biélorussie dans la guerre, coïncide avec la première visite officielle à Kiev de la dirigeante de l’opposition biélorusse en exil, Sviatlana Tsikhanouskaya.

Une raffinerie russe à l’arrêt

Une raffinerie de pétrole située dans la ville russe de Syzran, dans la région de Samara, a fermé ses opérations à la suite d’une frappe de drone ukrainienne le 21 mai, a affirmé l’état-major général le 26 mai. Une information relayée par le média Kyiv Independent, toutefois non confirmée par le Kremlin.

« Les forces de défense ukrainiennes continueront de prendre systématiquement des mesures pour contraindre la Fédération de Russie à cesser son agression armée contre l’Ukraine », a déclaré l’état-major général dans un communiqué publié sur Telegram.

Le président Volodymyr Zelensky a confirmé le 21 mai que des drones ukrainiens à longue portée avaient frappé la raffinerie de pétrole de Syzran pendant la nuit, située à plus de 800 kilomètres de la frontière ukrainienne.

La 412e brigade Nemesis a ajouté avoir testé un nouveau drone d’attaque « secret », qui, selon elle, s’est avéré efficace en profondeur derrière les lignes russes, détruisant des « dizaines » de camions et de camions-citernes.