À la veille du sommet européen consacré jeudi à la compétitivité, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté sa vision pour renforcer l’intégration financière et économique de l’Union européenne (UE). Une vision qui devrait, pour partie, répondre aux urgences affirmées mardi par Emmanuel Macron dans un entretien accordé à plusieurs médias européens. Et une vision qui devrait, pour partie également, satisfaire aux orientations prônées par Mario Draghi dans son rapport éponyme de septembre 2024.

Ursula von der Leyen proposera aux dirigeants des 27 États membres, lors du sommet de mars, d’adopter une feuille de route pour l’Union des marchés des capitaux (UMC) à l’horizon 2028. Cette feuille de route inclura « un engagement à adopter rapidement certaines propositions clés avant la fin de l’année prochaine », a précisé Ursula von der Leyen devant le Parlement européen. L’objectif : créer un marché unique plus vaste, profond et liquide, capable de rivaliser avec les États-Unis ou la Chine.

10 000 milliards d’euros d’épargne

« Prenons à nouveau l’exemple des États-Unis. Un seul système financier, une seule capitale financière et une poignée d’autres centres financiers. Ici, en Europe, nous avons non seulement 27 systèmes financiers différents, chacun avec son propre superviseur », a-t-elle expliqué. Et de poursuivre : « Mais aussi plus de 300 places boursières à travers notre Union. C’est une fragmentation à outrance. Nous avons besoin d’un marché des capitaux unique, vaste, profond et liquide. Et c’est l’objectif de notre Union de l’épargne et de l’investissement. »

Ce projet d’Union de l’épargne et de l’investissement (UEI) vise à mobiliser les quelque 10 000 milliards d’euros d’épargne des consommateurs, aujourd’hui principalement placés dans des dépôts bancaires à faible rendement, vers des investissements plus productifs. « Nos entreprises ont besoin de capitaux dès maintenant. Nous devons le faire cette année », a insisté la dirigeante européenne.

Libérer le potentiel de croissance

Ursula von der Leyen a également plaidé pour « éliminer les entraves » internes à la compétitivité de l’Europe, afin d’en faire « un vrai géant mondial ». Elle a appelé à poursuivre la simplification des réglementations et la conclusion d’accords de libre-échange pour libérer le potentiel de croissance de l’économie européenne, tout en encourageant des « coopérations renforcées » entre pays volontaires sur certaines réformes.

Les discussions à venir lors du sommet de ce jeudi au château d’Alden Biesen, en Belgique, porteront également sur l’instauration d’une « préférence européenne » pour soutenir le “Made in Europe”. Cette mesure vise à obliger les entreprises bénéficiant de fonds publics à s’approvisionner majoritairement en composants produits dans l’UE, sans imposer une solution uniforme à l’ensemble des États membres, a tenu à préciser Ursula von der Leyen.

Enfin, la Commission présentera en mars un projet de création d’un statut juridique paneuropéen pour les entreprises, baptisé « EU Inc ». Ce « 28e régime » leur permettrait d’opérer dans l’ensemble de l’UE sans formalités supplémentaires ni surcoûts administratifs, renforçant ainsi l’attractivité et la fluidité du marché unique.

Chiffres clés du futur marché des capitaux européen

10 000 milliards d’euros : épargne des consommateurs actuellement placée dans des dépôts bancaires à faible rendement, ciblée pour être investie dans des titres et investissements plus productifs.

27 : systèmes financiers distincts au sein de l’UE, chacun avec son propre régulateur.

Plus de 300 : places boursières existantes en Europe, illustrant la fragmentation actuelle du marché.

2028 : horizon visé pour la pleine mise en œuvre de l’Union des marchés des capitaux (UMC)

“28e régime” (EU Inc) : nouveau statut juridique paneuropéen pour simplifier la création et l’expansion des entreprises à travers l’ensemble de l’UE.