« Je vous parle depuis une petite ville italienne : Trino. C’est au nord-est de Turin. Je suis en train de manger des lentilles et des crackers », nous lance Paul Métayer avec le sourire par téléphone. À la force des jambes, ce Français de 26 ans est en train de faire de son rêve une réalité. Après avoir réalisé le tour de France à vélo en 2025, il s’est mis en tête de parcourir l’Europe en 80 jours.
« Dès qu’on s’arrête, on vient nous parler »
Il est parti de Poitiers mercredi 29 avril 2026 avec comme destination Athènes. Puis, il empruntera un autre chemin pour retourner à son point de départ. Une boucle d’environ 10 000 km, selon ses estimations. Pour rejoindre la Grèce, il doit traverser une partie de la France, l’Italie, la Slovénie, la Croatie, la Macédoine, la Moldavie et l’Albanie. Il emprunte en partie la véloroute appelée « EuroVelo 8 ».
Mais l’itinéraire n’est pas tout à fait défini à l’avance. « Je me suis très peu renseigné avant de partir. Je préfère le faire au feeling. » Une méthode pour faire davantage de rencontres spontanées et s’arrêter quand bon lui semble. « Le vélo est un aimant à gens. Dès qu’on s’arrête, on vient nous parler. Les personnes sont intriguées. Les voyages en solitaire sont plus propices aux rencontres. On est obligé d’aller vers les autres. »
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Plus de cinq heures de vélo par jour
Si Paul Métayer est sensible aux paysages bucoliques qu’il découvre, son tour d’Europe reste sportif. Les premiers jours, il avalait environ 10 heures de vélo quotidiennement. « Je voulais rapidement rejoindre l’étranger », nous explique-t-il. Désormais, il vise une moyenne de 5 à 8 heures par jour. Il doit transporter « entre 35 et 40 kg » entre son vélo et son matériel. Ses sacoches renferment le nécessaire pour être autonome : une tente, un duvet, un réchaud, une bouteille de gaz, quelques aliments, des vêtements et un GPS.
Après ses longues journées sur sa selle, le jeune homme passionné par l’ultra trail s’attelle à un autre pan de son aventure : le montage de vidéos pour raconter à ses abonnés sur son compte Instagram « Paul_en_mouvement », son trajet, ses rencontres et ses coups durs. « J’ai appris à faire tout ça avant de partir », nous précise-t-il. Quand il pédale, il se filme à l’aide d’une caméra ou encore d’un drone.
Un projet avec des élèves
Les images serviront ensuite pour un documentaire, qu’il diffusera dans des établissements scolaires. D’ailleurs, avant son départ, Paul Métayer a présenté son projet à des élèves. Il devrait aller les revoir ensuite. En attendant, il converse avec eux sur WhatsApp et répond à toutes leurs interrogations. « Je veux qu’ils sachent que les adultes peuvent également avoir des rêves et les exaucer. »
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C’est seulement ensuite qu’il retrouve un peu de repos. Il dort où il peut. Avec sa petite tente, il a trouvé notamment refuge dans des campings et sur un stade de football. À Turin, Paul Métayer s’est accordé une nuit dans un Airbnb pour recharger les batteries de ses appareils électroniques et faire tourner une machine à laver. « Mais, le but est de me faire inviter chez les habitants, qu’ils me prêtent un bout de jardin ou un lit ! »
Un GPS fou
Dix jours après son départ, il ne manque pas de petites anecdotes. Son GPS l’a déjà perdu dans la campagne alors qu’il pensait arriver à l’endroit où il allait dormir. « Cela arrive quand on utilise le mauvais mode… ce matin, il m’a demandé de traverser une rivière avec mon vélo. » Sur une vidéo, publiée sur les réseaux sociaux, on le voit pousser son vélo car sa chaîne n’arrêtait pas de sauter pour une raison inconnue. Sans parler de ces routes, où il est frôlé par des camions qui foncent à 90 km/h.
Si le mental de Paul Métayer décline, notamment à cause de la météo pluvieuse, il peut compter sur le soutien de ses proches. Ils lui ont confié une enveloppe, renfermant 80 messages de soutien. Une jolie initiative qui devrait le porter jusqu’à la ligne d’arrivée.