Les États-Unis prévoient d’accélérer le retrait des troupes stationnées sur des bases européennes et présenteront leurs propositions à leurs alliés de l’Otan le mois prochain.
Les États-Unis prévoient d’accélérer le retrait de troupes stationnées sur des bases européennes et présenteront leurs propositions à leurs alliés de l’Otan le mois prochain, rapporte samedi le journal allemand Welt am Sonntag, citant une source du Pentagone s’exprimant sous le sceau de l’anonymat.
Washington avait annoncé en mai son intention de retirer 5 000 soldats d’Allemagne, une décision largement perçue comme la conséquence de tensions liées à l’Iran entre le président Donald Trump et les puissances européennes. L’Allemagne accueille environ 35 000 militaires américains d’active, le contingent le plus important en Europe.
La puissance américaine en berne
Donald Trump a pris cette décision visant un pays allié de l’Otan après que le chancelier allemand Friedrich Merz a estimé début mai que « les Américains n’avaient visiblement aucune stratégie » en Iran et que Téhéran « humiliait » la première puissance mondiale.
Plus généralement, le président américain reproche à ses alliés européens traditionnels un manque de soutien dans son offensive lancée fin février contre la République islamique aux côtés d’Israël. Il leur demande aussi de longue date de renforcer leur défense, les accusant de dépendre excessivement de la protection militaire américaine.
« Le message essentiel, c’est que les États-Unis ne sont plus en mesure de mener plusieurs fronts de front en même temps, alors qu’ils restent la seule grande puissance militaire, écrit le média allemand. Washington se concentre désormais sur la Chine et la région indo-pacifique ; l’Europe devra donc très probablement assumer l’essentiel de sa propre défense et de sa dissuasion face à une Russie agressive. La guerre en cours contre l’Iran n’a fait que confirmer cette orientation américaine. »
Une conférence prévue en juin
Au moment de l’annonce, le Pentagone avait précisé que le retrait devait être achevé dans un délai de six à douze mois. Welt am Sonntag ne donne pas de détails sur l’ampleur de l’accélération envisagée ni sur les sites concernés.
Selon le journal, les États-Unis doivent présenter leurs plans aux alliés lors de la conférence de planification des forces de l’Otan prévue le mois prochain. Le Pentagone n’a pas réagi dans l’immédiat à une demande de commentaire.