Voilà une soirée économiquement juteuse pour les bars nancéiens qui avaient eu la bonne idée de retransmettre la finale de la Ligue des champions. Mais les amoureux de ces moments de communion collective ont parfois dû prendre leur mal en patience, voire se résigner pour vibrer.
Comme cette mère et ses deux enfants, tee-shirts de PSG sur les épaules, venus tenter leur chance, rue Stanislas au Phoenix. Comme d’ autres bars de la ville , celui-ci n’accueille plus : « Depuis quinze jours, les tables sont réservées » annonce à regret une serveuse à l’entrée.
« C’est au moins le dixième bar que l’on fait, il n’y a de la place nulle part », regrette cette maman désabusée.
À l’intérieur sous la clim, les rares offensives parisiennes font monter les décibels, 102 sur le curseur installé au-dessus du comptoir.
Plus chaud dehors que dedans malgré la canicule, les bars ont profité de cette Ligue des champions pour réviser leur gamme. Dans moins de deux semaines, ce sera la coupe du monde. Photo Séverine Kichenbrand
Carte à jouer avant le coup d’envoi
Dehors, huit lycéens villarois se sont rabattus sur la terrasse du café, ont sorti leur smartphone pour suivre le match. Amoureux des ambiances festives plus que du match, Vigho précisait : « On s’est scindé en deux groupes, car on ne trouvait pas de place. L’autre groupe est au Pinocchio. » Lui aussi posé en terrasse.
Car à l’intérieur, les tickets d’entrée à 20 € avec deux consommations comprises ont tous trouvé preneurs. Les terrasses des bars de la place Saint-Epvre affichaient d’ailleurs complet. Cent mètres plus loin, le plus confidentiel Kraken bar était tout heureux de voir son espace se remplir aux derniers moments : « Un groupe de dix personnes s’est installé et on n’a plus de place » souriait la gérante.
C’est qu’il fallait prendre son élan pour voir le PSG coudre besogneusement sa deuxième étoile sur le maillot.
Au bar les Artistes, au public essentiellement étudiant, un groupe venu de Dieulouard a trouvé place au troisième des quatre niveaux de l’établissement en arrivant une heure et demie avant le coup d’envoi : « On savait qu’il n’y avait de réservation possible ici, alors on l’a joué malin. » Cartes à jouer, biscuits, et voici la parfaite panoplie pour patienter avant de vibrer.
Ici les services ont été renforcés pour cette grande affluence, le coin sandwicherie a été pris d’assaut à la mi-temps. La directrice de l’établissement constate aussi l’effet canicule : « On a fait le plein en bière mais il y a beaucoup de boissons soft commandées. » Durer, c’est aussi se préserver.
Car il a fallu patienter jusqu’aux tirs au but pour voir le PSG accrocher sa destinée de premier club français à remporter deux fois la Ligue des champions, qui plus est consécutivement. « S’il y a tirs au but, je vais faire une crise cardiaque », avait préalablement annoncé la voix cassée et syllabes hésitantes Jules, au café des Artistes. Il a survécu.
C’est donc une délivrance. Les Artistes se vident au pas de charge, pour chercher un air moins lourd dehors, rejoindre la place Stanislas rapidement prise d’assaut. Après les fumigène s, quelques feux d’artifice transpercent le ciel, des chants s’enchaînent dans une joie difficilement contenue. De quoi obliger la police à une charge intimidante et préventive pour faire redescendre l’ambiance de quelques degrés. La canicule est retombée, la foule s’est quelque peu dissipée. Place aux bouchons et concert de klaxon puisque Paris est magique.