Quatre jours après, Nicolas Jan est encore sur son nuage. Et pour cause, si un humain moyen marche 42,195 km en 10 h 30, c’est en 2 h 45 qu’il les aura courus. À 48 ans, en catégorie master 2, il vient de décrocher une 225e place, sur 20 000 coureurs, au championnat du monde de marathon, au Cap, en Afrique du Sud, dimanche 24 mai 2026. « À 20 ans, mon rêve, c’était de courir un marathon. Dix ans plus tard, à Vannes, je terminais en 3 h 11, sans préparation », précise le sportif.
Depuis huit ans, il fournit des efforts. « Six fois par semaine, je retrouve Christian, mon entraîneur, au Larmor Estran Athlé, qui me prépare un programme sur-mesure ». Un entraînement exigeant avec, à côté, « un métier difficile qui lui demande d’être sur le pont dès 3 h du matin », souligne l’entraîneur. Pourtant, « Niko », comme il est écrit en lettres dorées sur son maillot, est toujours là. Il aime le club, « l’ambiance, la cohésion, l’entraide, la mixité, ça donne plaisir à courir ». Son succès, il l’attribue à l’effet de groupe : « C’est grâce au club que j’en suis là. Sans eux, je n’aurais pas eu cette motivation depuis autant d’années sans blessure ».
Une « ambiance incroyable »
En novembre dernier, c’est plus préparé que jamais qu’il court le marathon de Deauville, dans l’espoir de se qualifier pour les championnats du monde. 2 h 47 plus tard, il est « finisher », 48e sur 4 000. Deux semaines plus tard, un mail tombe : « Abbott World Marathon me prévient que je suis qualifié pour Cape Town ». L’entraînement reprend, plus assidu que jamais et, bientôt, l’heure du départ a sonné. Nicolas Jan a passé huit jours sur place pour profiter de la ville et a terminé son séjour en beauté sur ce marathon, en lice pour devenir le 8e major (plus grands marathons du monde). Lors de la course, il se souvient de « l’ambiance incroyable ». Son plus beau souvenir ? « Alors que je suis dans le dur, je croise un Suisse et un Japonais et on se motive en anglais. Finalement, je termine avec le Japonais et sur la ligne d’arrivée, on se jette dans les bras l’un de l’autre ». Un moment unique partagé à distance avec son club grâce à la balise placée dans son dossard.