L’afflux d’investissements chinois au Maroc contribue à transformer ce pays d’Afrique du Nord en un pôle africain majeur de fabrication de véhicules électriques, tout en renforçant la concurrence avec l’Union européenne (UE) dans la chaîne d’approvisionnement mondiale des véhicules électriques.

Selon des sources industrielles, depuis la pandémie de COVID-19, les entreprises chinoises se sont engagées à investir environ 6 milliards de dollars au Maroc pour développer un écosystème de fabrication de véhicules électriques, comprenant des usines de batteries, des composants automobiles et des parcs industriels spécialisés.

Dans le parc industriel Tanger Tech, près de la ville de Tanger, de nombreuses entreprises chinoises entreprennent des projets de fabrication de pneus, de systèmes de freinage et de composants de batteries.

Une usine de fabrication de batteries de grande envergure, d’un coût de 1,3 milliard de dollars, est en construction sur la côte atlantique. Le Maroc ambitionne de mettre en place une chaîne d’approvisionnement complète capable de fournir des composants pour environ 500 000 véhicules électriques par an d’ici la fin de l’année.

La présence croissante des entreprises chinoises au Maroc attire l’attention de l’UE.

Suite à l’imposition de droits de douane supplémentaires pouvant atteindre 45 % sur les véhicules électriques importés de Chine, les décideurs politiques européens craignent que le Maroc ne devienne une porte d’entrée pour les produits chinois liés aux véhicules électriques, leur permettant d’accéder au marché européen à des tarifs préférentiels.

Certains responsables de l’UE suggèrent que, dans le cadre des accords de libre-échange existants, les composants fabriqués en Chine pourraient ne subir qu’une transformation limitée au Maroc avant d’être exportés vers l’Europe.

Le Maroc réfute ces allégations. Les autorités commerciales du pays affirment que toutes les entreprises opérant au Maroc doivent respecter scrupuleusement les règles d’origine. Par conséquent, les produits ne sont éligibles aux tarifs préférentiels que s’ils satisfont pleinement aux exigences relatives au pourcentage de valeur ajoutée créée localement.

Le Maroc possède actuellement de nombreux atouts pour attirer les investissements étrangers, notamment une politique d’exonération d’impôt sur les sociétés pendant les cinq premières années, une main-d’œuvre jeune, des coûts de production compétitifs et d’abondantes ressources en énergies renouvelables.

De plus, le pays a conclu des accords de libre-échange avec l’UE et les États-Unis.

Les analystes estiment que l’UE est confrontée à un dilemme difficile : concilier la protection des industries au sein de l’Union et le maintien des chaînes d’approvisionnement existantes.

De nombreux groupes automobiles européens, tels que Renault et Stellantis, exploitent actuellement des sites de production à grande échelle au Maroc et dépendent fortement du réseau d’approvisionnement de ce pays.

Les experts estiment que le Maroc est en train de devenir un maillon stratégique de l’industrie mondiale des véhicules électriques, où les ambitions de la Chine en matière d’expansion de sa production s’entremêlent avec les efforts de l’UE pour protéger son industrie.

Source : https://www.vietnamplus.vn/trung-quoc-dau-tu-6-ty-usd-vao-maroc-thuc-day-canh-tranh-xe-dien-voi-eu-post1113760.vnp